Après enquête, il s'avère qu'un nouveau suspect, d'abord considéré comme "second rôle", est bien celui qui a piloté le rapatriement de tous les membres des commandos, fourni les faux-papiers et l'argent pour les commandos qui ont frappé à Paris et Saint-Denis.

Rassemblement en hommage aux victimes du Bataclan le 13 novembre 2016
Rassemblement en hommage aux victimes du Bataclan le 13 novembre 2016 © AFP / Joel Saget

Il y a deux ans, trois commandos de terroristes frappaient Paris et Saint-Denis faisant 130 morts et des centaines de blessés. Deux ans après, l'enquête menée par trois juges antiterroristes a permis d'avoir une idée assez précise des acteurs de ces attentats, dont un homme en particulier : Mohamed Bakkali

Si certaines zones d'ombre persistent encore, notamment sur le rôle d'Abdelhamid Abaaoud, sur Salah Abdelsam et l'hypothèse d'une cible dans le 18e arrondissement ou sur la provenance des armes et des fonds, les juges d'instruction savent désormais distinguer les rôles de chacun, attaquants et coordonnateurs dans les attaques du 13 novembre. 

Les enquêteurs ont longtemps cru que c'était Abdelhamid Abaaoud qui avait coordonné les attaques en Belgique et en France. C'est en réalité un autre qui est apparu comme le "chef" : un certain Mohamed Bakkali.   

Le petit trafiquant devient un élément essentiel

On a d'abord cru que Mohamed Bakkali, père de famille belge de 29 ans avait eu un simple rôle de support logistique aux terroristes du 13 novembre. Son ADN avait été retrouvé dans une planque à Auvelais, puis son nom est apparu dans la location de deux autres appartements, dont celui de Schaerbeek,  transformé en véritable atelier de fabrication des explosifs.  

Peu à peu, Mohamed Bakkali, connu comme chômeur se livrant à un petit trafic d'électroménager avec Khalid El Bakraoui, - qui se fera exploser le 22 mars 2016 dans le métro bruxellois -, est ainsi apparu comme un "élément essentiel de la préparation des attentats", selon les enquêteurs ... jusqu'à devenir aujourd'hui la priorité des juges d'instruction.  

Car, selon l'enquête, c'est lui qui a piloté le rapatriement de tous les membres des commandos, fourni les faux-papiers, l'argent.et réparti les djihadistes dans les différentes planques. Lui encore qui se renseigne sur l'achat de chargeurs de kalachnikovs, qui tient les comptes et active les téléphones portables.   

Mohamed Bakkali vient par ailleurs d'être mis en examen en Belgique dans le dossier de l'attentat raté du Thalys pour avoir notamment fournit les armes et conduit l'assaillant vers la gare, qui devrait être remis prochainement à la France. 

A ce jour, huit personnes sont mises en examen en France dans ce dossier, sept autres sont sous mandat d'arrêt : cinq détenus en Belgique, un en Turquie, deux en fuite (ou morts) en Syrie.  Les juges d'instruction espèrent désormais une clôture du dossier pour le printemps 2019. 

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