Lundi dernier s'est ouvert le procès de l'affaire Merah, cinq ans après les attaques perpétrées au nom d'Al-Qaïda.Les familles des sept personnes tuées réclament justice.

Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohamed Merah, arrive au procès pour le premier jour d'audience.
Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohamed Merah, arrive au procès pour le premier jour d'audience. © AFP / Eric FEFERBERG

C’est le 11 mars 2012, vers 16 heures, sur un parking de Toulouse, que Mohamed Merah a commencé à frapper, au nom d’Al Qaïda. Il avait repéré sa première victime sur le site Leboncoin. Imad Ibn Ziaten y avait passé une annonce pour vendre sa moto. Et précisait qu’il était militaire. C’est cette dernière précision qui a conduit Merah à lui poser un guet-apens, au bout d’un petit chemin peu fréquenté. Imad Ibn Ziaten croyait avoir affaire à un acheteur sincère. Il s’est retrouvé face à un jeune délinquant radicalisé de 23 ans, Mohamed Merah, arrivé en scooter, caméra vissée sur lui. "T’es militaire ?", lui demande Merah pour être sûr.

"Mets-toi à plat ventre", poursuit-il. Avant de tirer, sur le maréchal des logis Imad Ibn Ziaten, qui avait refusé de se mettre à terre. Imad Ibn Ziaten avait 30 ans. Il était d’origine marocaine ; Mohamed Merah l’a tué au nom du djihad, lui reprochant d’avoir tué des "frères", en criant "Allahu Akbar".

Cinq ans après sa mort, sa mère Latifa Ibn Ziaten continue à se battre pour rester debout. Comme son fils, qui a refusé de se mettre à genoux devant Merah.

Hatim Ibn Ziaten est l’un des frères d’Imad. Ils étaient presque jumeaux, "et sa mort laisse un grand vide", confie-t-il, dans l’une des très rares interviews qu’il ait données depuis cinq ans. Hatim Ibn Ziaten, professeur de sport au regard doux, s’est confié au micro de Sophie Parmentier

Sept victimes tuées

Le 15 mars 2012, vers 14 heures, Mohamed Merah s’est attaqué à d’autres militaires, juste devant leur caserne, à Montauban. Il est arrivé sur le même scooter volé. A tiré avec la même arme. Est reparti aux cris de "Allahu Akbar", sa caméra toujours scotchée à lui.

Sous ses balles, est d’abord tombé Mohamed Legouad, Français musulman d’origine algérienne, engagé depuis deux ans dans les parachutistes. Il avait 23 ans.

► VOIR AUSSI | Radia Legouad : "Mon frère s'appelait comme son meurtrier et avait le même âge"

Puis, c’est Abel Chennouf, sous-officier français catholique d’origine algérienne, qui est mort, à l’âge de 25 ans, sous les balles de Merah.

Dernier béret rouge visé, Loïc Liber, soldat de 1ère classe âgé de 27 ans, a été laissé pour mort. Il a survécu, mais est resté tétraplégique.

Quatre jours plus tard, le 19 mars 2012, Mohamed Merah s’attaque au groupe scolaire confessionnel Ozar Hatorah. Il est à peine 8 heures. Les enfants arrivent avec leurs parents.

Jonathan Sandler, 30 ans, tombent sous les balles de Merah, aux côtés de ses deux petits garçons, Arieh, 5 ans, et Gabriel, 3 ans.

Merah poursuit ensuite, dans la cour de l’école, la petite Myriam Monsonego, la fille du directeur, 8 ans, tuée à bout touchant. Son père venait de lui lâcher la main pour se rendre dans son bureau. Le collège-lycée a été rebaptisé Ohr Myriam.

Dans cette fusillade, Aaron Bryan Bijaoui, adolescent de quinze ans, avait été grièvement blessé.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.