MAXIME GAGET: MA COMPAGNE MON BOURREAU LES HALLES ANGOULEME
MAXIME GAGET: MA COMPAGNE MON BOURREAU LES HALLES ANGOULEME © Levain Céline/MaxPPP

Jeudi matin, devant le tribunal correctionnel de Paris, s'ouvrait un procès comme on en voit peu : celui d'une femme de 43 ans, accusée par son compagnon de l'avoir battu pendant de longs mois. Chaque année, on recense 7 000 plaintes d'hommes pour violences conjugales.

Ce pourrait être le procès de violences conjugales ordinaires : la victime est d'abord isolée par son conjoint, qui lui confisque sa carte bleue, ses papiers. Puis sidérée par le déchaînement de violence. Des coups de poing, de pied, des brûlures avec un couteau chauffé à blanc, des humiliations quotidiennes, sous le regard de deux enfants . Et une victime terrorisée, au point de ne même pas imaginer pouvoir s'enfuir, pendant les 15 mois qu'ont duré son calvaire.

Sauf que là, la victime est un homme, et l'auteur des coups une femme, décrite comme "pas très grande".

► ► ► Le récit du procès avec notre reporter Corinne Audouin

"Un homme qui se fait frapper par sa femme, c'est lamentable !"

Car les violences conjugales sont aussi une réalité chez les hommes, même si les chiffres sont d'un rapport de 1 à 10 par rapport aux violences subies par des femmes de la part de leur compagnon .

C'est ce qu'a vécu Maxime Gaget, battu, humilié, dépouillé par sa compagne pendant de longs mois. Il a depuis témoigné dans un livre de ce qui reste un tabou : la violence conjugale subie par des hommes.

Aujourd'hui, il comprend que cela suscite de l'incompréhension, et cela l'a d'ailleurs longtemps empêché d'en parler

Je me voyais mal aborder la question et m'entendre dire : "un homme qui se fait frapper par sa femme, c'est carrément lamentable". J'avais clairement honte.

À partir du moment où l'on se dégrade tant psychologiquement que physiquement, il est extrêmement dur de faire marche arrière .

Avec le livre et aujourd'hui le procès, Maxime Gaget a dépassé la honte, témoignant à visage découvert. Le procès de cette femme, qu'il appelle Nadia dans son livre, s'est tenu jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Paris. Âgée de 43 ans, elle est jugée pour violences, escroquerie, menaces et intimidations.

Le délibéré est prévu le 28 mai.

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