Manuel Valls a condamné "énergiquement" samedi matin les "saccages et destructions par incendie" de deux bâtiments administratifs de Morlaix (Finistère) par des producteurs de légumes en colère. La maire et les syndicats disent comprendre ce coup de sang.

C'est "une jacquerie", pour la maire UMP de Morlaix, une de ces "révoltes qui partent de la base". Face au saccage et à l'incendie du Centre des impots et de la Mutualité sociale agricole de sa ville, l'élue reste pragmatique et dénonce le contexte social, à l'origine selon elle de ces débordements.

Ce n'est pas un coup de colère, c'est une colère froide. Quelque chose qui mûrit depuis des semaines, depuis des mois sur une conjonction d'événements : la baisse de la consommation, la surproduction, la baisse des cours, l'embargo russe, les charges sociales de plus en plus accablantes.

Jamais je ne soutiendrai les actions violentes. Je dis simplement que c'est logique.

Agnès Le Brun, maire UMP de Morlaix, au micro de Frédérick Colas

En pleine nuit, plus d'une centaines de producteurs de légumes breton ont mis le feu aux deux bâtiments au terme d'une manifestation de tracteurs et de remorques. D'abord le centre des impôts de Morlaix, puis la MSA située en périphérie, sur la commune de Saint-Martin-des-Champs. Le maire PS de la commune, François Hamon, assure que les manifestants ont d'abord "tout saccagé à l'intérieur" avant d'incendier le site. "C'est le signe d'une grande détresse pour en arriver là. Quelque part, ça fait peur", s'alarme l'élu.

Le préfet du Finistère, Jean-Luc Videlaine, évoque des débordements inadmissibles

Côté syndical, on ne revendique pas l'action de cette nuit, mais on ne s'en étonne pas non plus.

Pour Thierry Merret, de la FDSEA, le gouvernement récolte ce qu'il a semé

Jean-François Jacob, président de la Sica (société d'intérêt collectif agricole) de Saint-Pol-de-Léon, premier groupement français de producteurs de légumes, avait lui prophétisé cette action des agriculteurs.

On nous a parlé de façon successive depuis 20 ans de simplification administrative, à chaque fois on constate que c'est l'effet inverse. Puisque Paris n'y arrive pas, nous allons mettre en oeuvre une simplification administrative de nos relations avec les pouvoirs publics. Ce ne sera peut-être pas très bien perçu.

Pour Manuel Valls, si la colère existe bien, la violence est inexcusable. Dans un communiqué, le Premier ministre annonce qu'il "condamne énergiquement les saccages et destructions par incendie à Morlaix de deux bâtiments affectés au service public".

Il est particulièrement choquant que les sapeurs-pompiers aient été empêchés d'accomplir leur mission. Des poursuites judiciaires seront engagées contre les auteurs de ces actes.

Manuel Valls estime également que "rien ne justifie le recours à des méthodes violentes, qui ne résolvent rien et qui pèsent en premier lieu sur les contribuables et les assurés sociaux".

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