Intervention des gendarmes lors du déboisement autour de Sivens
Intervention des gendarmes lors du déboisement autour de Sivens © MaxPPP/La Dépêche du Midi/Florine Galeron

Le Monde et Médiapart apportent bon nombre de précisions sur la mort de Rémi Fraisse sur le barrage de Sivens le 26 octobre dernier, des informations qui malmènent les versions officielles. Bernard Cazeneuve est l'invité du 7/9 de France Inter.

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Les documents que les deux médias ont pu consulter montrent que les gendarmes envoyés sur zone se sont tout de suite rendus compte qu'il y avait un homme à terre cette nuit après le tir d'une grenade offensive : plus de 700 grenades ont été tirées cette nuit la dont 42 offensives.

Il est décédé, le mec... Là, c'est vachement grave... Faut pas qu'ils le sachent...

C'est ce qu'aurait déclaré un gendarme, quelques minutes après que le corps inerte de Rémi Fraisse eut été récupéré sur le chantier du barrage contesté de Sivens. Cette phrase suit de peu le tir d'une grenade offensive, entre 1h40 et 1h50, en direction de quatre à cinq jeunes, dont Rémi Fraisse. Ces informations détaillées sont tirées du procès verbal du 29 octobre où sont retranscrits les propos entendus sur les films réalisés par les gendarmes. Ce jeudi matin, Denis Favier, directeur général de la gendarmerie, affirme que dans la nuit du 26 octobre, les autorités ne font pas encore le lien entre le décès de Rémi Fraisse et la grenade.

Les précisions de Nathalie Hernandez

Les autorités se prennent les pieds dans le tapis

Des le début les gendarmes sur place vont clairement établir le contexte de la mort du jeune homme. 48 h après, le procureur confirme : c'est l'explosion d'une grenade qui a tué Rémi Fraisse. Les fonctionnaires vont aussi déclarer sur PV qu'ils ont reçu des consignes d'extrême fermeté. Le Lieutenant-colonel qui dirige le dispositif l'assure : ces consignes ont été données au commandant de groupement de gendarmerie par le préfet du Tarn. Ce jeudi, le Préfet du Tarn dément avoir donné une telle directive. Quant au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, il affirme au contraire avoir appelé à l'apaisement.

Ce qu'il s'est dit à 1h53

Stop pour les F4 ! Il est là-bas le mec. OK, pour l'instant, on le laisse.

A cette heure là, les gendarmes prennent conscience de la gravité de la situation. Les F4 sont des grenades lacrymogènes instantanées (GLI). Leur usage a été suspendu par le ministère de l'Intérieur.

Ce qu'il s'est dit à 2 h

On y va

Après avoir tenté de se rassurer : "C'est bon, il va se relever ! Il va se relever, c'est bon ! ", les gendarmes décident d'aller récupérer l'homme qu'ils pensent alors blessé. Le chef de l'unité demande à un de ses hommes "de soutenir ceux qui sont allés chercher le manifestant ."

À 2h03

Il est décédé, le mec ! Là, c'est vachement grave… Faut pas qu'ils le sachent ! __

À Sivens, les dernières révélations sur la mort de Rémi Fraisse n'ont pas fait réagir

Le reportage à Sivens de Frédéric Bourgade

Morts en manifestant
Morts en manifestant © Radio France
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