Rémi Ochlik
Rémi Ochlik © Reuters

Selon nos informations, le "pôle génocide" va enquêter sur le bombardement meurtrier de Homs, en Syrie, le 22 février 2012, qui avait provoqué la mort du photographe français Rémi Ochlik et de la journaliste américaine Marie Colvin. La reporter Edith Bouvier (alors collaboratrice du Figaro ) avait également été grièvement blessée, avant d’être rapatriée en France. Une enquête judiciaire où le régime de Damas pourrait se retrouver en première ligne.

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Depuis le début de l’enquête judiciaire ouverte en France, fin 2012, sur le bombardement de Homs, les investigations n’avaient guère avancées. Avec la désignation du pôle génocide, l’affaire prend une autre dimension, estime l’avocat d’Edith Bouvier, David Père :

Ce dossier est passé d’un dossier d’assassinat à un dossier de possible crime de guerre. C’est important parce que d’abord je crois que c’est une première historique que notre pôle spécialisé crimes de guerre travaille sur une guerre en cours. Ça montre que la justice française est prête à se battre pour faire la lumière sur les circonstances dans lesquels nos compatriotes et surtout les journalistes, qui sont souvent exposés en première ligne, viennent à trouver la mort à l’étranger, dans le cadre de conflits internationaux.

Le centre de presse était-il ciblé ?

Pour le directeur général de "Reporters sans frontières", partie civile dans cette affaire, Christophe Deloire, l’enjeu est double :

Le premier c’est d’établir les circonstances dans lesquelles ont été tués des journalistes et dans lesquels d’autres ont été blessés après des tirs réitérés à Homs. Est-ce qu’il y a eu ciblage ? Est-ce que sciemment des soldats, des milices, ont visé ce centre de presse pour tuer des journalistes, pour intimider des journalistes, pour faire en sorte qu’ils aillent voir ailleurs. Le second enjeu, c’est de lutter plus largement contre l’impunité dont jouissent les auteurs de crimes contre les journalistes.

Selon les Nations unies, plus de 95 % des crimes contre les journalistes dans le monde restent impunis.

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