Le rapport de l'IGPN rendu public ce mardi n’éclaire pas sur ce qui s'est réellement passé le 21 juin à Nantes. Mais les conclusions de l'Inspection générale de la police nationale ont le mérite de mettre en lumière pas mal de zones d'ombre.

Hommages là où le corps de Steve Maia Canico a été retrouvé après un concert en bord de Loire le 21 juin à nantes
Hommages là où le corps de Steve Maia Canico a été retrouvé après un concert en bord de Loire le 21 juin à nantes © AFP / Loïc Venance

L'enquête sur les circonstances de la mort de Steve est aujourd'hui entre les mains de l'Inspection générale de l'administration d'une part, et de la justice d'autre part, avec l'ouverture par le parquet de Nantes d'une information judiciaire pour "homicide involontaire". 

Si le rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), dont une synthèse a été rendue publique mardi par le Ministère de l'Intérieur, a établi qu'il n'y avait pas de "lien direct entre l'intervention des forces de l'ordre" le soir de la fête de la musique sur le Quai Wilson "et la disparition de Steve", rien n'empêche les enquêteurs de se reposer la question. D'autant que plusieurs zones d'ombres laissent planer un doute sur ce lien que l'IGPN a pour l'instant écarté. 

La principale question restée sans réponse étant de savoir à quelle heure le jeune est tombé dans la Loire. 

Au cours de son enquête, l'IGPN n'a pas recueilli de témoignage permettant d'affirmer que Steve était aux abords du dernier Sound system installé sur le quai Wilson au moment où la police a lancé son intervention offensive avec l'utilisation, notamment, de 33 grenades lacrymogènes et 12 tirs de balles de défense en 27 minutes. 

Seul un copain de Steve, celui qui appellera Police-secours à 5H52 pour signaler sa disparition, indiquera à cette occasion qu'ils "s'étaient fait gazer vers 4h30" et qu'il "n'avait plus de nouvelles depuis". Un autre ami avait reçu un texto de Steve à 3H du matin indiquant qu'il était "assis là où il y a le drapeau Bretagne", qu'il était "trop fatigué" et qu'il avait "besoin d'aide". Puis, selon le rapport de l'IGPN, le portable de Steve cessera de borner à 3H16. Mais cette précision ne permet pas de savoir pourquoi l'appareil ne fonctionne plus : parce qu'il serait tombé dans la Loire ou parce qu'il serait simplement déchargé ?

L'autre réponse à laquelle les enquêtes devront répondre, c'est de déterminer le lieu précis ou Steve est tombé à l'eau. Soit à proximité de là où d'autres fêtards sont tombés dans la Loire, notamment au moment où les forces de l'ordre ont lancé leur offensive, c'est à dire à l'extrémité du Quai Wilson, près de la Grue Titan grise. Soit aux abords de la Grue Titan jaune, là où le corps du jeune homme a été retrouvé lundi après-midi, c'est à dire à 650 en amont du fleuve, à l'autre extrémité du Quai des Antilles, un secteur cependant équipé de garde-corps. Cette hypothèse est d'autant moins probable qu'il n'est pas impossible que les marées aient pu entraîner le corps de Steve sur une telle distance à contre-courant de la Loire. 

Le premier ministre Edouard Philippe a précisé mardi que l'enquête de l'IGA serait rendue publique dans un mois. Il faudra en revanche attendre de nombreux mois avant que l'information judiciaire s'achève. 

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