Murielle Bolle a été mise en examen jeudi pour "enlèvement suivi de mort", dans l’affaire de l’assassinat du petit Grégory. Son placement en détention sera décidé mardi à Dijon.

Mise en examen, Murielle Bolle a été incarcérée en attendant l'audience mardi qui décidera de son éventuel placement en détention provisoire
Mise en examen, Murielle Bolle a été incarcérée en attendant l'audience mardi qui décidera de son éventuel placement en détention provisoire © AFP / FREDERICK FLORIN

C’est le dernier rebondissement spectaculaire de l’enquête menée par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon, qui a repris toute l’affaire. Après le grand oncle et la grand tante de Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob, c'est au tour de Murielle Bolle d'être mise en examen.

ll y a deux semaines, les époux Jacob étaient mis en examen pour leur rôle supposé dans l’enlèvement et la mort du petit garçon en 1984. Ils ont été remis en liberté et placés sous un strict contrôle judiciaire. Cette fois, c’est une figure très connue du dossier qui revient sur le devant de la scène.

Murielle Bolle avait 15 ans à l’époque. Cette jeune adolescente, dont on se souvient du visage rond couvert de taches de rousseur, avait désigné son beau frère Bernard Laroche comme étant l’auteur de l’enlèvement de l’enfant, avant de se rétracter. Aujourd’hui, âgée de 48 ans et devenue mère de famille, Murielle Bolle n’a pas changé de version lors de sa garde à vue dans les Vosges, puis de sa présentation devant la juge. Mais de nouveaux témoignages font douter les enquêteurs sur sa sincérité.

Violences de la part de l'entourage de Murielle Bolle

Depuis le jour de sa rétractation, le 6 novembre 1984, Murielle Bolle n’a plus jamais changé de discours. Son beau frère Bernard Laroche est innocent, elle n’est pas montée dans sa voiture, elle n’a pas vu Grégory le jour de sa mort ; elle avait raconté tout cela par peur des gendarmes. Plusieurs témoins avaient à l’époque douté de la sincérité du revirement de cette gamine de 15 ans, et parlé des pressions exercées par sa famille. Et puis il y a dix jours, un homme s’est manifesté auprès des enquêteurs.

Plusieurs témoignages relatent des faits de violence à l'encontre de Murielle Bolle, faisant douter les enquêteurs sur sa sincérité (photo d'archive)
Plusieurs témoignages relatent des faits de violence à l'encontre de Murielle Bolle, faisant douter les enquêteurs sur sa sincérité (photo d'archive) © AFP / Eric Feferberg

Le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, évoque un "un témoignage récent, très précis". Cette personne affirme avoir été "témoin de violences de la part de l'entourage de Murielle Bolle" sur l'adolescente. La gendarmerie a recoupé et récolté d'autres témoins, dans le voisinage, qui contribueraient à confirmer ces violences.

Ce témoignage, déclenché par la relance de l’enquête sur la mort de Grégory, semble être le seul élément nouveau concernant Murielle Bolle. Pour son avocat Jean-Paul Teissonnière, l’accusation repose sur un canevas de ragots et de mensonges colportés. Il demandera mardi prochain, à Dijon sa remise en liberté : "Chaque fois qu'on réveille [ce dossier], il suscite chez les dingues et les psychopathes un certain nombre de déclarations qui bien entendu font des ravages."

"S'il apparaît régulièrement de nouveaux témoins à charge sur des faits de 32 ans, poursuit l'avocat, qui viennent raconter en gros ce que raconte à ce moment-là la radio et la télévision, et que l'on considère que ce sont des témoignages sérieux sur lesquels on peut mettre en examen et mettre en détention, je suis très inquiet."

Murielle Bolle a été placée en incarcération provisoire, le temps que la chambre de l’instruction débatte de son placement en détention.

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