Les appels au calme se sont multipliés après les violences de mardi soir provoquées par la mort d'un jeune homme tué lors d'un contrôle policier à Nantes. Une enquête de la police des police a été diligentée.

Emeutes provoquées par la mort d'un jeune tué par un policier lors d'un contrôle à Nantes
Emeutes provoquées par la mort d'un jeune tué par un policier lors d'un contrôle à Nantes © Maxppp / Franck Dubray

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a appelé mercredi "au calme" à Nantes après les violences urbaines de la nuit dans des quartiers sensibles, provoquées par la mort d'un jeune homme lors d'un contrôle policier.  

Evidemment, j'appelle absolument au calme puisque l'Etat de droit sera pleinement respecté

a déclaré Mme Belloubet sur RTL, soulignant :

le parquet et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ont été saisis, pour que toute la lumière soit faite dans la plus totale transparence  sur la mort de ce jeune homme de 22 ans. 

De son coté, la maire (PS) de Nantes, Johanna Rolland, a appelé au calme mercredi matin sur France Inter (au micro d'Antoine Denéchère) :  

0'30

La maire de Nantes Johanna Rolland

Par Antoine Denéchère

Elle a demandé à la justice "dans son indépendance la plus totale" de faire "rapidement la plus grande clarté sur ce qui s'est passé".                      

Naturellement, la justice, dans son indépendance la plus totale, devra faire rapidement la plus grande clarté, en toute transparence, sur ce qui s'est passé ce soir. Mais l'urgence, c'est l'appel au calme     

Des versions qui divergent

Lors du contrôle, le jeune homme a fourni une fausse identité, et, au moment où les policiers ont cherché à vérifier, a enclenché une marche-arrière en direction d'un CRS et d'une fillette qui circulait à bicyclette, selon une source policière. Le jeune homme aurait heurté en marche arrière un policier qui protégeait deux enfants de cette manœuvre. Un CRS a alors ouvert le feu sur le jeune homme, le blessant à la carotide, précise la police. Il a succombé un peu plus tard à ses blessures à l'hôpital où il avait été transporté. 

Une version contestée par des habitants du quartier interrogés par des médias, selon lesquels la voiture n'a pas touché le premier policier, le deuxième CRS a tiré sans sommation et les secours ont tardé. Une centaine de personnes ont alors attaqué les forces de l'ordre à coups de projectiles et de cocktails Molotov. Des locaux et des voitures ont été incendiés, des barricades dressées, des commerces et des caméras de surveillance dégradés.

Des violences étendues à plusieurs quartiers 

Les violences se sont produites dans le quartier du Breil avec des "prises à partie, des jets de cocktail Molotov", puis se sont étendues à d'autres quartiers  de Nantes, Malakoff et les Dervallières, a indiqué Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la Sécurité publique (DDSP). Des voitures ont été incendiées, ainsi qu'un centre paramédical situé dans un centre commercial.

Lors des violences qui ont suivi, dans le quartier du Breil, les forces de l'ordre ont utilisé 25 grenades et tiré cinq fois à l'aide d'un flashball. Le calme est revenu vers 3 heures du matin.

Un jeune homme bien connu des services de police

Le jeune homme faisait l'objet d'un mandat d'arrêt émis à Créteil pour vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs et était également connu de la police pour d'autres faits comme des menaces de mort. Il était âgé de 22 ans, et originaire du Val d'Oise en région parisienne

La voiture du jeune homme était surveillée en raison de soupçons de trafics de stupéfiants. 

0'58

Les détails de la nuit à Nantes

Par Antoine Denéchère
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