Le conducteur d'un go-fast tué par balle sur l'A7 après une course-poursuite avec des douaniers vers Lançon-de-Provence
Le conducteur d'un go-fast tué par balle sur l'A7 après une course-poursuite avec des douaniers vers Lançon-de-Provence © MaxPPP/PhotoPQR/Le Dauphine/Patrick Roux

Depuis début 2013 une majorité des convois interceptés respectait les limites de vitesse, mais les go-fast qui prennent tous les risques pour semer la police n'ont pas totalement disparu alors qu'un nouveau métier a vu le jour : prestataire pour convoyage.

Trois trafiquants présumés doivent être mis en examen cette semaine à Paris après l'interception en banlieue toulousaine vendredi d'un convoi transportant du cannabis depuis l'Espagne. Dans l'un des trois véhicules ont été retrouvés 370 kg de résine de cannabis destinées à la région parisienne. Une information judiciaire a été ouverte lundi et confiée à la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée).

Le convoi n'avait pas affolé les radars : les trafiquants adeptes du go-fast ont tendance à lever le pied

Depuis début 2013, une majorité des convois interceptés respecte les limites de vitesse. Souvent, la drogue n'est plus entassée dans le coffre et sur les sièges comme dans un "go-fast" mais acheminée en plus petite quantité, dans des caches aménagées , parfois dans une simple camionnette, explique le commissaire divisionnaire Patrick Laberche, adjoint au chef de l'office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) :

C'est la raison pour laquelle pour laquelle nous avons utilisé l'expression "go-slow" par rapport aux go-fast. Ce type de convoi, toujours composé d'un véhicule chargé, un véhicule utilitaire par exemple, et de véhicules protecteurs (dont une voiture "ouvreuse"), roule à une allure tout à fait modeste et préfère la discrétion.

L'interception de ces convois ne peut donc pas être le fruit du hasard, sauf coup de chance extraordinaire lors d'un contrôle inopiné des douanes, c'est le résultat des enquêtes, plus particulièrement de l'OCRTIS.

Les trafiquants diversifient leurs modes de transport

Les go-fast des années 2000 n'ont pas totalement disparu. Dix convois ont été "serrés" depuis le début de l'année en France, contre 16 convois plus lents. En 2013, la proportion de "convois lents" interceptés était encore plus importante : 29 contre 12 rapides. En revanche, ce sont toujours les go-fast qui permettent de réaliser les plus grosses saisies de résine de cannabis (environ 5 tonnes cette année dans les dix go-fast contre 1,8 tonnes pour les 16 "convois lents").

Les convois rapides prennent tous les risques pour semer la police : les grosses berlines n'hésitent pas à quitter l'autoroute pour se lancer sur les départementales du Centre et de la région parisienne comme sur un circuit de rallye, en pleine nuit. Pourtant les accidents sont rares, au volant, les trafiquants ne mettent pas n'importe qui, explique le commissaire divisionnaire Patrick Laberche :

Ceux qui conduisent des véhicules utilitaires dans les "go-slow" sont un peu des sacrifiés, des membres qui n'ont pas toute la confiance du réseau ou qui doivent faire leurs preuves. Les conducteurs des véhicules chargés dans les convois rapides sont extrêmement aguerris à la conduite, bien entraînés, et bien payés.

Le transport "traditionnel" revient aussi en vogue: le camion de fret, avec ses pains de cannabis dissimulés derrière les palettes de marchandise. Les trafiquants diversifient leurs modes de transport, en réponse peut-être à la forte hausse des interceptions depuis 2011. Le convoyage tend à devenir une spécialité, distincte du fournisseur ou du revendeur de drogue.

Un nouveau métier : le convoyage et ses prestataires

Les transporteurs ont des "points-repos" sur la route, où ils peuvent changer les plaques d'immatriculation, ou changer de voiture. De nouveaux prestataires sont entrés dans la chaîne, sans oublier ceux qui fournissent les faux papiers. Toute cette logistique devient plus coûteuse, ce qui fait dire au commissaire Laberche qu'à défaut de pouvoir stopper le trafic, la répression l'a rendu moins rentable…

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.