Toute la question de ce procès est de savoir si Liliane Bettencourt était en pleine possession de ses moyens lorsqu’elle a offert ses tableaux, photographies, quelques millions par-ci, d’autres par là …

Les avis sur la question sont aussi tranchés que peuvent l’être ceux de deux clans qui s’affrontent de part et d’autre d’un prétoire.

Quand Martin D’Orgeval affirme n’avoir vu « aucun passage à vide » chez Liliane Bettencourt. Quand François-Marie Banier s’insurge à la barre : « mais qu’est-ce qu’ils auraient fait chez L’Oréal ? Ils auraient gardé une dingue depuis 2003 ? C’est insensé »

D’autres, les petits-fils de Liliane en tête, racontent des scènes pour le moins édifiantes. La riche héritière hospitalisée, se dit « contente d’avoir acheté cet immeuble, la vue est très bien ». A Jean-Victor, elle demande des nouvelles de son épouse … qu’il n’a jamais eue.

Et puis, il y a Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune, qui se veut plus nuancé : « moi, j’ai quelqu’un de ma famille qui n’a plus sa tête. Je sais ce que c’est. Madame Bettencourt, ce n’est pas une femme qui faisait n’importe quoi toute la journée ».

Et de poursuivre : « il y a une immense nuance entre une femme de plus de 80 ans qui est d’une intelligence remarquable et qui est peut-être fatiguée certains jours et quelqu’un qui n’a plus sa tête. » Le notaire familial, Me Normand, renchérit d’ailleurs : « j’ai beaucoup de personnes âgées dans ma clientèle. Il y a les jours pairs et les jours impairs. »

Finalement, c’est Patrice de Maistre qui résume sans doute le mieux : « ce n’est ni tout blanc, ni tout noir ». Comme souvent dans les affaires judiciaires.

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