Comment Mohammed Lahouaiej Bouhlel a-t-il pu tuer 84 personnes, avant d'être abattu par la police ? Des familles veulent comprendre et dénoncer les failles

Les hommages des niçois sur la Promenade des Anglais
Les hommages des niçois sur la Promenade des Anglais © Maxppp / Patrice LAPOIRIE

Une seule voiture de police municipale barrait l'entrée de la zone piétonne de la Promenade des Anglais, où est arrivé le camion utilisé pour l'attentat du 14 juillet à Nice, affirme jeudi Libération, une information qualifiée de "contre-vérité" par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve qui confirme que l'accès à la zone piétonne de la Prom'Party sur la Promenade des Anglais était sécurisé par une barrage de la police nationale. Hier France Bleu Azur révélait que le 19 tonnes de Mohammed Lahouaiej Bouhlel n'avait pas le droit de rouler sur la Promenade des Anglais, encore moins un 14 juillet.

De nouvelles polémiques qui ajoutent à la détresse des familles des victimes et une semaine après l'attentat à Nice, certaines familles de victimes crient leur colère. Que faisait ce camion sur la Prom, un soir de feu d'artifice ? Comment a-t-il pu tuer 84 personnes, avant d'être abattu par la police ? Des familles veulent porter plainte contre l'Etat pour dénoncer les failles.

"Rien ne les arrêtera", assurent ces parents. Tahar Nejri a perdu son fils de 4 ans, Kylian, et Olfa, son ex-femme.

"J’ai qu’un fils et une femme, je ne laisserai pas tomber comme ça. C’est une journée comme ça, 33.000 personnes, des femmes, des enfants, il n’y a pas eu de sécurité..."

Entouré de ses amis, cet autre père veut comprendre comment le camion a pu foncer sur la Prom'.

"Pas de renforts. Le camion a parcouru deux kilomètres personne ne l’a intercepté, personne ne l’a vu."

Etat, ville, organisateurs, ils entendent poursuivre tous ceux qui géraient la sécurité sur la Promenade des Anglais. Mais pour plusieurs avocats, comme Maître Laurent Denis-Peraldi, cela ne ferait qu'aggraver leur douleur.

"On peut incriminer untel en disant que les conditions de sécurité n’étaient pas suffisantes, mais dans un débat judiciaire ça va bien au-delà. Il faut démontrer quel était le dispositif de police, s’il était insuffisant au regard de quelles règles, de quelles normes, de quelles décisions. Là on est à chaud mais un recours ça prend plusieurs années et se confronter à de nouvelles difficultés procédurales je ne vois pas l’intérêt, Moi je ne le conseillerai pas."

L'avocat précise que ces familles sortiraient la procédure d'indemnisation prévue, par le fond de garantie. Le tribunal ne leur apporterait rien de plus. A part, et c'est ce aussi qu'elles cherchent, la condamnation éventuelle d'un responsable.

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