Nice : perquisition a l'hotel où logeait l'auteur presume de l'agression de trois militaires dans le centre ville de Nice
Nice : perquisition a l'hotel où logeait l'auteur presume de l'agression de trois militaires dans le centre ville de Nice © MaxPPP/Nice Matin/Cyril Dodergny

L’homme qui a agresse au couteau trois militaires en faction devant un centre communautaire juif mardi à Nice a été immédiatement interpellé. Moussa Coulibaly avait été refoulé la semaine dernière de Turquie.

Les militaires assuraient la sécurité dans le cadre du plan Vigipirate devant un immeuble en plein centre-ville, abritant le Consistoire israélite de Nice, Radio Shalom et une association israélite, lorsqu'ils ont été agressés vers 14H00 par un homme armé d'un couteau.

Marcel Authier, le directeur départemental de la sécurité publique, au micro d' Isabelle Dor

C'est le militaire qui était en faction, qui a été visé, très directement

Deux de ces soldats ont été blessés, mais ont quitté l'hôpital et regagné leur caserne dans l'est de Nice, où les ministres Jean-Yves Le Drian (Défense) et Bernard Cazeneuve (Intérieur) leur ont rendu visite dans la soirée de mardi.

Des perquisitions ont été menées dans l'hôtel où il habitait à Nice et à son domicile, dans un immeuble de huit étages du Val-Fourré, un quartier sensible de Mantes-la-Jolie. Sa mère et une de ses soeurs ont été entendues.

Une deuxième personne a été arrêtée. Il s'agit d'un homme de 43 ans, né au Tchad et de nationalité canadienne. Peu avant l'agression, Moussa Coulibaly avait été contrôlé et verbalisé dans le tramway, il était alors en compagnie de cet homme. La police étudie leurs liens actuellement. Ils sont tous deux en garde à vue, et elle peut durer quatre jours, soit jusqu'à samedi 15h.

Le Parquet antiterroriste de Paris s'est saisi de l'enquête.

Qui est Moussa Coulibaly

L'homme interpellé porte le même nom (très répandu) qu'Amédy Coulibaly, le terroriste de l'Hypercasher de Vincennes le 9 janvier dernier, mais n'a à priori aucun lien avec lui.

Le trentenaire, originaire d'Île de France, n'est pas un inconnu des services de renseignements. Depuis plusieurs semaines il était repéré par le contre-espionnage français.

Courant décembre le jeune homme se fait remarquer par les services de renseignements territoriaux. Selon nos informations, il se livre a du prosélytisme agressif dans une salle de sports des Yvelines qu'il fréquente, un signalement est alors fait.

Quelques semaines plus tard, l’homme quitte la région parisienne. C’est la police de l'air et des frontières qui le repère à Ajacio. Nous sommes le 28 janvier dernier et le trentenaire a pris un aller simple pour la Turquie. Son départ est aussitôt notifié aux services de renseignements, le contre-espionnage alerte à son tour les autorités turques. Dès son arrivée à l'aéroport Ataturk d'Istanbul en provenance de Rome, Moussa Coulibaly est renvoyé dans la capitale italienne, puis le jeune homme est refoulé la vers la France.

A Nice, il est longuement interrogé par le contre-espionnage, mais rien ne permet d'ouvrir une enquête et il repart libre. Il reste pourtant sous surveillance comme l'a précisé mardi soir le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve

La surveillance de son environnement se poursuivait pour comprendre ce qu'il faisait à Nice alors qu'il n'avait ici ni racines, ni contacts

Les services de renseignements ont voulu en effet savoir si le jeune homme connaissait éventuellement des personnes liées à Omar Diaby, un ancien voyou niçois soupçonné d'être l'un des principaux recruteurs pour le djihad en Syrie

Coulibaly ressort donc libre et depuis séjournait à Nice dans un hôtel proche de la gare.

Connu des services judiciaires, le jeune homme a été condamné à six reprises pour vol, outrage à agent ou encore usage de stupéfiant, des faits tous commis à Mulhouse entre avril 2006 et novembre 2009. Six condamnations assorties d’amendes ou de prison avec sursis. Il n'aurait pas été incarcéré.

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