Page Facebook en soutien au bijoutier de Nice
Page Facebook en soutien au bijoutier de Nice © radio-france

Le rassemblement de soutien au bijoutier mis en examen pour homicide volontaire, après avoir abattu un de ses agresseurs, a réuni à Nice un millier de personnes. Sur Facebook, la page de soutien au bijoutier est toujours bloqué à 1,5 millions de "likes".

C'est un climat de "folie", "intolérable" pour Philippe Soussi, l'avocat de la famille de la victime, un jeune homme de 19 ans abattu d'une balle dans le dos lors de sa fuite après le vol. Mais à Nice, beaucoup ne pensent pas la même chose.

A Nice, une banderole blanche avec le message "Non à la prison, oui à la légitime défense" donnait le ton de ce rassemblement statique sur la place Masséna auquel ont participé des commerçants, des particuliers, souvent retraités, des élus de droite et d'extrême droite ainsi que des Identitaires de Nissa Rebela, sur fond de début de campagne municipale.

"C'est un ras-le-bol général qui dépasse cette affaire. Ce qui est arrivé à ce commerçant peut arriver à tout le monde", a expliqué Denis, 62 ans, ancien agent de service.

Beaucoup affirment avoir eux-mêmes été victimes d'agressions et ont assuré comprendre le geste du bijoutier.

La mort d'Anthony n'a en revanche pas ou très peu été évoquée lors de ce rassemblement.

"Il savait qu'il prenait des risques, tant pis pour lui", a dit un manifestant pour qui la thèse de la légitime défense défendue par le bijoutier, pourtant peu évidente à ce stade des investigations, ne fait aucun doute.

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L'avocat de la famille, qui s'est portée partie civile ce lundi, s'est ému des proportions que prenait ce fait divers, plus de 1,5 million de personnes ayant apporté sur Facebook leur soutien au bijoutier, Stephan Turk.

"Le climat est effrayant dans cette affaire. L'opinion publique a pris le pouvoir. La justice, c'est pas Facebook et Twitter".

Les "likes" de la discorde

"On vit un moment de folie sur les réseaux sociaux. On parle d'autodéfense et de vengeance. C'est le défouloir de passions totalement invraisemblables. Ces événements dépassent tout le monde et en particulier la justice", ajoute l'avocat en évoquant un possible dépaysement du dossier.

Sur Facebook, on compte toujours un million et demi de soutiens affichés sur la page. Qu'est-ce que cela dit sur la société française d'aujourd'hui ?

À ÉCOUTER > Gérard Mauger était l'invité de Patrick Boyer dans le journal de 18h. Pour le sociologue, il faut relativiser ce succès-éclair... et surtout virtuel.

Le député-maire de Nice UMP, Christian Estrosi, a lui aussi défilé, pour dénoncer une nouvelle fois, au passage, la future réforme pénale de Christiane Taubira.

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Yann Turk, le fils du bijoutier, était présent dans la foule. Il a reçu de nombreux témoignages de soutien. "Je n'aurais pas imaginé qu'il y aurait autant de monde. Ça me touche profondément", a-t-il dit.

A l'issue du rassemblement, Jan Arin, président de la chambre syndicale des bijoutiers-joailliers de la Côte-d'Azur, organisateur de ce rassemblement, a toutefois dénoncé "la récupération des politiques qui ont profité de l'occasion", tenant des propos plus modérés que la plupart des participants.

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