Nicolas Bonnemaison
Nicolas Bonnemaison © PHOTOPQR/SUD OUEST

Acquitté par la cour d'assise de Pau en juin dernier (il était accusé d'homicide sur des patients en fin de vie), Nicolas Bonnemaison espère désormais redevenir médecin. Mais il est toujours radié, et le Conseil d'État devrait maintenir cette radiation.

C'est en tout cas ce que réclame le rapporteur public, qui a demandé aux juges de confirmer la décision du conseil de l'ordre. En avril dernier, avant qu'il ne soit jugé, ses pairs l'avaient en effet déchu de son statut de médecin, une décision contestée devant le Conseil d'État par Nicolas Bonnemaison.

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L'ex-urgentiste de l'hopital de Bayonne est en effet toujours radié malgré son acquittement, et en attendant son procès en appel l'année prochaine il ne peut plus exercer. Le Conseil d'État rendra sa décision dans plusieurs semaines.

"Soigner, c'est sa vie"

"Personne ne doute que vous avez agi par compassion", explique pourtant le rapporteur public en se tournant vers Nicolas Bonnemaison, qui assistait à l'audience. Mais rien n'autorise le médecin à donner la mort. Et "en transgressant cet interdit fondamental, Mr Bonnemaison s'est disqualifié pour l'exercice de la profession médicale".

Une position incompréhensible pour l'avocat de l'ex médecin, Me Arnaud Dupin.

Ce qui interpelle, c'est la contradiction entre la décision rendue par le conseil de l'ordre et la cour d'assises à deux mois d'intervalle. Une cour d'assise qui a conclu à l'absence d'intention d'homicide. Il se battra pour un jour remettre la blouse qui constitue le sens même de sa vie.

Le Conseil d'État n'est pas tenu de suivre l'avis du rapporteur, il peut confirmer ou annuler la radiation du médecin. Il peut aussi choisir d'attendre que Nicolas Bonnemaison soit à nouveau jugé en appel par une cour d'assises : ce sera l'année prochaine à Angers.

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