Au lendemain de sa mise en examen, dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, l'ancien chef d'état Nicolas Sarkozy s'est défendu avec vigueur jeudi soir sur TF1, et s'est dit, victime de "l'ignominie" de la "bande de Kadhafi" et de Mediapart.

Nicolas Sarkozy s'explique sur le plateau du 20h de TF1, après sa mise en examen dans l'enquête sur des soupçons de financements libyens de sa campagne en 2007.
Nicolas Sarkozy s'explique sur le plateau du 20h de TF1, après sa mise en examen dans l'enquête sur des soupçons de financements libyens de sa campagne en 2007. © AFP / "AFP PHOTO / TF1"

"Je dois aux Français la vérité: je n'ai jamais trahi leur confiance", a déclaré au journal de 20H00 Nicolas Sarkozy, ulcéré, en témoignant de "la profondeur de (son) indignation", après sa mise en examen, notifiée la veille, dans le dossier du financement libyen de sa campagne présidentielle 2007.

Je suis accusé par des proches d'un dictateur" (…) Il n'y a pas le plus petit élément, il n'y a pas le moindre élément d'une preuve.

Nicolas Sarkozy n'a pas eu de mots assez durs pour les "monstruosités" proférées par Kadhafi et "sa bande", "des assassins, des criminels, des délinquants", pour le "sinistre" intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine -qu'il a cependant indiqué avoir rencontré deux fois- ainsi que pour le site d'informations Mediapart et son patron Edwy Plenel. 

L'analyse d'Emmanuel Leclère

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L'analyse d'Emmanuel Leclère

Par Emmanuel Leclère

"Je pourfendrai cette bande, je ferai triompher mon honneur", même si cela doit prendre "un an, cinq ans, dix ans". "C'est la France, c'est la fonction" de chef de l'Etat qui est attaquée, a-t-il lancé. 

"La politique, c'est fini" 

L'ancien président de la République, dont l'avocat Me Thierry Herzog a annoncé vendredi matin qu'il ferait appel du contrôle judiciaire, a aussi estimé que sa carrière en politique s'arrêtait là, s'exprimant pour la première fois de manière aussi catégorique sur le sujet depuis son échec à la primaire de la droite fin 2016. 

Nicolas Sarkozy, mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de détournement de fonds publics libyens" dans cette enquête ouverte en 2013, n'a pas le droit de rencontrer, dans le cadre de son contrôle judiciaire, neuf protagonistes de cette affaire dont deux très proches, ses anciens ministres Claude Guéant et Brice Hortefeux.

En avril 2012, Mediapart avait publié entre les deux tours de la présidentielle un document libyen accréditant un financement d'environ 50 millions d'euros, dont Nicolas Sarkozy et ses soutiens ont constamment affirmé qu'il s'agissait d'un faux. 

Sa mise en examen dans le dossier libyen marque une vraie accélération dans cette affaire instruite par des magistrats du pôle financier depuis près de cinq ans. 

Les investigations ont aussi mis en lumière plusieurs opérations suspectes, notamment un virement de 500.000 euros perçu par Claude Guéant en mars 2008. L'ex-secrétaire général de l'Élysée est également mis en examen dans cette enquête notamment pour "blanchiment de fraude fiscale en bande organisée". 

Cette affaire n'est pas la seule dans laquelle Nicolas Sarkozy est mis en cause. Il a été renvoyé en correctionnelle en février 2017 par le même juge Serge Tournaire, pour financement illégal de campagne électorale, mais cette fois pour la présidentielle de 2012. Il a fait appel. 

Il est aussi menacé d'un procès dans l'affaire dite "des écoutes". Il est suspecté d'avoir tenté d'obtenir d'un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations le concernant couvertes par le secret. 

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