Sarkozy est entendu dans l'affaire des fausses factures de Bygmalion.
Sarkozy est entendu dans l'affaire des fausses factures de Bygmalion. © MaxPPP

L'ancien chef de l’État devra répondre du chef de financement illégal de campagne électorale. Il a également été placé sous le statut de témoin assisté pour les chefs d'usage de faux, escroquerie et abus de confiance.

Après 10 heures d'audition dans le cabinet du juge Tournaire, Nicolas Sarkozy a été mis en examen, mardi soir, pour financement illégal de sa campagne de 2012 dont les comptes pourraient avoir été truqués pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses de 22,5 millions d'euros. L'ancien président n'est pas directement poursuivi dans le dossier "Bygmalion" puisqu'il n'est pas mis en cause pour escroquerie et abus de confiance. Mais il doit maintenant s'expliquer sur le dépassement du plafond légal de ses dépenses électorales.

Nicolas Sarkozy pouvait-il ignorer qu'il crevait le plafond de ses dépenses électorales ?

Les enquêteurs ont établi deux types de manipulations financières : un système de fausses facturations pour alléger les dépenses de campagne et un autre système de disparition des dépenses réelles.

Les exlications de Jean-Philippe Deniau

55 sec

Une mise en examen attendue

Plusieurs cadres de Bygmalion ont reconnu l'existence de la fraude aux fausses factures, mais aucun n'a mis en cause Nicolas Sarkozy pour l'avoir décidée ou en avoir eu connaissance. Mais le délit de financement illégal de campagne électorale ne concerne pas seulement celui qui était au courant des manœuvres financières, il vise aussi le patron, le signataire des comptes de campagne

"Aucun fait lié au dossier Bygmalion n'a été retenu"

Pour l'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Thierry Herzog, la mise en examen répond à une "infraction formelle" de dépassement des comptes de campagne et n'est pas liée à la connaissance qu'il pouvait avoir un système de fausses factures dans le cadre du dossier Bygmalion. L'avocat a même fait part de sa "satisfaction" et de celle de son client qui n'a pas été mis en examen pour des faits d'escroquerie, de faux et d'abus de confiance mais simplement placé sous le statut de témoin assisté.

Me Thierry Herzog

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Sarkozy pas concerné par l'affaire Bygmalion

Après le rejet de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel au début de l'été 2013, et donc le non remboursement par l'Etat des frais de campagne de Nicoals Sarkozy, l'UMP - depuis devenue Les Républicains - avait organisé une collecte auprès de ses adhérents et symphatisants pour boucher le trou dans les caisses du parti. Le "sarkothon" avait récolté envorons 11 millions d'euros.

Coup dur pour l'ex-chef de l'Etat sur la route de la présidentielle de 2017

Le président du parti Les Républicains a jusqu'ici poursuivi sa stratégie politique, sans se préoccuper des affaires judiciaires dans lesquelles son nom est cité, notamment celle des écoutes où il est déjà mis en examen pour corruption et trafic d'influence. Cette nouvelle mise en cause tombe au plus mal alors que Nicolas Sarkozy tente d'imposer son projet politique à un parti dont émane chaque jour un nouveau candidat à la prochaine primaire à droite. Nouvellement déclaré candidat dimanche soir, Jean-François Copé a d'ailleurs déclare : "Je n'aurais pas considéré pouvoir être candidat si j'avais été mis en examen".

Malgré tout celà, les sarkozystes ont relayé durant toute la soirée de mardi les arguments de l'avocat de l'ancien président : "Nicolas Sarkozy est mis en examen pour dépassement de ses frais de campagne et pas pour malversations financières dans l'affaire Bygmalion cette mise en examen est une bonne nouvelle"...

L'analyse de Frédéric Métézeau

57 sec

Une bonne nouvelle disent-ils

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