Suite aux révélations du magazine Le Point, autour d'investigations sur les relevés téléphoniques de plusieurs avocats dans le cadre de l'enquête sur l'ancien président. Sans être illégale, cette décision a provoqué la colère des avocats. La garde des Sceaux assure "partager leur émoi".

Nicole Belloubet dans le studio de la matinale de France Inter le 30 juin 2020
Nicole Belloubet dans le studio de la matinale de France Inter le 30 juin 2020 © Radio France

""Si j'ai demandé un rapport, c'est parce que cet émoi je l'ai partagé, il faut comprendre ce qui s'est passé", lance la ministre de la Justice. "On est chez les dingues" avait notamment réagi Me Éric Dupond-Moretti, l'un des avocats surveillés, en découvrant l'information, dénonçant "une clique de juges qui s'autorise tout".

Nicole Belloubet rappelle que la profession d'avocat, "indispensable à l'œuvre de justice", "n'est pas au-dessus des lois mais est protégée" par les textes. "La question des fadettes [les relevés téléphoniques des avocats, épluchés pour identifier la "taupe" dans l'affaire Bismuth/Sarkozy] n'est pas abordée par la loi, peut-être faut-il progresser en ce sens", estime la ministre.

Des conséquences "normatives ou disciplinaires"

"C'est la raison pour laquelle j'ai demandé un rapport, une remontée d'informations, à la procureure générale de Paris, pour comprendre ce qui s'est passé", annonce Nicole Belloubet au micro de France Inter. "Je devrais avoir ce rapport très rapidement, sans doute aujourd'hui."

Elle assure également qu'elle en tirera des conséquences. "Si j'observe qu'il y a des dysfonctionnements, je saisis l'inspection générale de la justice, qui doit pouvoir également faire un rapport rapidement. Ensuite, il y aura des conséquences soit normatives (faut-il réécrire un bout de texte pour être plus protecteur), soit disciplinaires."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.