La présidente par Lucie Maxin
La présidente par Lucie Maxin © Esba TALM - Angers

C’est un peu comme si la présidente, Anne Leprieur, n’était pas d’accord avec les décisions prises à l’instruction. Qu’importe que Nicolas Bonnemaison ait bénéficié de deux non-lieux dans la procédure, ces cas sont examinés à l’audience comme si de rien était ou presque.

Certes, il y a bien eu une mise au point de la présidente : « Le docteur Bonnemaison ne comparaît pas pour le cas de monsieur Suhit. Il faut que ça soit clair pour tout le monde. »

Avant d’ajouter : « mais avant, il avait été mis en cause … ».

Alors, on reprend tout : les familles viennent témoigner, les infirmières s’expliquent à la barre. Nicolas Bonnemaison est invité à s’exprimer : y a t-il eu injection d’Hypnovel? Pourquoi? Comment ? Bref, le même procédé que pour l’examen des sept cas précédents, ces sept empoisonnements pour lesquels l’ancien urgentiste de l’hôpital de Bayonne comparaît vraiment.

Par visioconférence, on a ainsi entendu Jacques, neveu de Pierre Suhit : “le médecin m’a dit qu’il s’était éteint sans souffrir et doucement”. A la barre, on a vu Marie-Claude Deleau, belle-fille de Catherine Deleau : “j’ai assisté au décès de ma belle-mère. Elle souffrait beaucoup. Elle râlait, elle avait beaucoup de mal à respirer. Je pense que le docteur Bonnemaison n’a rien fait mais que s’il avait fait quelque chose, ça aurait été un acte médical.”

Jacques Iribarne par Thomas Mélandre
Jacques Iribarne par Thomas Mélandre © Esba TALM - Angers

Puis, de nouveau, infirmières et aide-soignantes sont invitées à témoigner.

Sandra, infirmière, revient sur le décès de Pierre Suhit; hospitalisé après une chute : “sur le moment, ça ne m’a pas interrogée : c’est un patient en fin de vie qui décède.” Laetitia explique avoir été chargée par ses collègues de surveiller la pharmacie après l’hospitalisation de Catherine Deleau : “on m’avait dit qu’il y avait une patiente en fin de vie. Je devais les prévenir si Nicolas Bonnemaison venait à la pharmacie. Après son passage, j’ai recompté les ampoules d’Hypnovel et de Norcuron. Il en manquait trois.” Nancy, elle modère : “le docteur Bonnemaison m’a demandé d'attendre pour mettre en place le protocole de sédation pour qu’il prenne le temps d’évaluer, de discuter avec la famille. On attendait le petit-fils qui venait de Bordeaux.”

Devant l’examen à l’audience de ces deux cas frappés d’un non-lieu, la défense ne bronche pas. Sans doute mise-t-elle sur l’idée que l’idée que la confusion que cela peut susciter dans les esprits peut lui être favorable.

Le procédé n’en reste pas moins inhabituel.

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