un non-lieu pour nicolas sarkozy dans l'affaire bettencourt
un non-lieu pour nicolas sarkozy dans l'affaire bettencourt © reuters
PARIS (Reuters) - Les magistrats instructeurs bordelais ont estimé que les charges retenues contre Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt étaient trop ténues pour motiver son renvoi en correctionnelle, a-t-on appris lundi de source proche du dossier. L'ancien président de la République, qui voit ainsi son horizon judiciaire s'éclaircir, était poursuivi pour abus de faiblesse de l'héritière de L'Oréal qui, selon une expertise, est en état de démence sénile depuis 2006. Les juges Jean-Michel Gentil et Valérie Noël, qui ont cherché à prouver que Nicolas Sarkozy avait profité de cet état pour soutirer de l'argent à Liliane Bettencourt pour sa campagne électorale de 2007, ont finalement conclu à un non-lieu, a déclaré la source, confirmant des informations de presse. À l'exception de l'avocat fiscaliste Fabrice Goguel, les dix autres personnes mises en examen dans ce dossier, dont Eric Woerth, François-Marie Banier, Stéphane Courbit et Patrice de Maistre devraient quant à eux comparaître en 2014 à la barre du tribunal du TGI de Bordeaux, poursuit Sud Ouest. Le bureau du secrétariat du procureur du tribunal de grande instance de Bordeaux a annoncé lundi qu'une conférence de presse serait organisée mardi "à la suite de l'ordonnance rendue ce jour par les magistrats instructeurs". "J'ai toujours pensé que ça se terminerait ainsi", a déclaré sur i> TELE l'ancienne ministre UMP Nadine Morano. "Le chef d'accusation était tellement grotesque." Antoine Gillot, l'avocat de Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt qui avait évoqué des versements d'argent pour la campagne présidentielle de 2007, a estimé que cette décision était "sage et honnête" faciliterait le procès. LES JUGES SUIVENT LE PARQUET "Ce juge avait et a sans d'ailleurs encore un certain nombre de soupçons sur M. Sarkozy mais il a estimé en son âme et conscience au vu des éléments du dossier qu'il n'avait sans doute pas suffisamment de preuves pour le renvoyer devant le tribunal correctionnel", a-t-il dit sur i> TELE. "Je voudrais tout de même faire observer que M. Sarkozy reste très directement concerné par cette affaire pour de multiplies raisons, et notamment pour une, M. Woerth, qui était tout de même son ministre du Budget et également le trésorier de sa campagne électorale, est lui renvoyé devant le tribunal correctionnel", a-t-il ajouté. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux avait pourtant validé fin septembre l'instruction menée par les trois juges bordelais chargés du dossier et notamment l'expertise médicale au cœur de l'affaire. Nicolas Sarkozy s'était pourvu en cassation contre cette décision et les magistrats instructeurs ont pris leur décision de non-lieu avant l'arrêt de cette juridiction. La décision de lundi est bienvenue pour Nicolas Sarkozy, pressé de mettre un terme à cette affaire suffisamment longtemps avant la prochaine élection présidentielle, en 2017. Le parquet de Bordeaux avait lui aussi requis le 28 juin un non-lieu mais pour six des douze mis en examen, dont Nicolas Sarkozy, l'ancien ministre Eric Woerth et Stéphane Courbit. Il avait au contraire requis, notamment, le renvoi devant le tribunal de l'ex-gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt ainsi que du photographe François-Marie Banier. Jean-Baptiste Vey, Claude Canellas et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse
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