christiane taubira dénonce le laxisme de la droite sur les prisons
christiane taubira dénonce le laxisme de la droite sur les prisons © reuters

L'ancien directeur de la maison d'arrêt Charles III de Nancy (Meurthe-et-Moselle) s'est défendu vendredi de toute responsabilité dans la mort en 2004 dans son établissement d'un détenu étranglé par ses compagnons de cellule.

Stéphane Scotto, qui est aujourd'hui à la tête du centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne), est poursuivi pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Nancy suite à une plainte avec constitution de partie civile déposée par les parents de la victime, Johnny Agasucci.

Ce primo-délinquant de 26 ans, en détention provisoire pour trafic de stupéfiants, était flanqué de deux compagnons de cellule dont l'un, considéré comme psychopathe, attendait sa comparution aux assises pour avoir torturé un codétenu, quatre ans plus tôt, dans le même établissement.

Stéphane Scotto, qui ne dirigeait pas encore la maison d'arrêt à l'époque de ces premiers faits, s'est défendu d'avoir commis une faute caractérisée en autorisant cette association :

Sur la personne de Sébastien Simonnet - reconnu comme étant le principal coupable du meurtre -, il n'y a pas eu d'indicateur que cette cohabitation aurait une issue tragique.

Le cadre pénitentiaire, bien qu'il ait reçu ce détenu à son arrivée à Nancy, le 30 mars 2004, en raison de la gravité des faits qui lui étaient reprochés, a invoqué la présomption d'innocence pour justifier de ne l'avoir pas mis à l'isolement. Selon le directeur : "La violence de Sébastien Simonnet ne devient une vérité judiciaire qu'en septembre 2004", quand ce caïd, âgé de 28 ans à l'époque, sera jugé pour les faits qui lui valaient cette incarcération, a estimé le directeur.

"On est dans un perpétuel tâtonnement" , a répondu le fonctionnaire, évoquant les nombreux critères à prendre en compte pour apparier les détenus dans un établissement vétuste qui ne compte aucune cellule individuelle hors les quartiers d'isolement et disciplinaire.

"Compatibilité des régimes alimentaires, des âges, des quartiers d'origine. Quand vous avez empilé les quinze critères, vous donnez la priorité à ce qui semble plausible", a-t-il dit.

Il rappelle qu'aucun texte officiel n'interdisait à l'époque d'enfermer ensemble un primo-délinquant et un récidiviste . Sébastien Simonnet a été condamné, lors d'un procès en appel en décembre 2009, à 27 ans de prison assortis d'une période de sûreté de 18 ans.

La prison Charles III, un établissement vétuste et surpeuplé aménagé dans une ancienne manufacture de tabac, a été désaffectée en 2009 et démolie l'année suivante.

Jean-Philippe Deniau a assisté au procès

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