C'est Médiapart qui l'a révélé, un juge enquête sur une éventuelle escroquerie liée à la décision du tribunal de commerce ayant permis à Bernard Tapie d'éviter que ses biens soient saisis pour rembourser l'Etat dans l'affaire de son arbitrage controversé. Une information judiciaire contre X a été ouverte le 30 août.

En juin dernier, le tribunal de commerce de Paris avait permis à Bernard Tapie d'étaler le remboursement des 404 millions euros perçus au titre de l'arbitrage
En juin dernier, le tribunal de commerce de Paris avait permis à Bernard Tapie d'étaler le remboursement des 404 millions euros perçus au titre de l'arbitrage © Maxppp / La Voix du Nord / Pierre Le Masson

C'est un peu l'escroquerie dans l'escroquerie dont est soupçonné Bernard Tapie.  

Condamné pour l'arbitrage frauduleux dans l'affaire du Crédit Lyonnais à rembourser 404 millions d'euros à l'État, il s'était vu offrir un répit de six ans par le tribunal de commerce de Paris en juin dernier. 

La décision avait alors créé la surprise. L'indignation même des avocats de la puissance publique et a colère du parquet qui avait alors décidé de faire appel de cette décision. 

Mais pas seulement. Et c'est ce qu'on apprend aujourd'hui. Une information judiciaire pour "escroquerie au jugement" a, en plus, été ouverte, moins de deux mois après cette décision. 

Car il apparaît que cette décision du tribunal de commerce de Paris, qui offre à Bernard Tapie la chance inespérée de ne pas voir saisir son hôtel particulier au cœur de la capitale ou sa villa du Var pour rembourser ses dettes, n'aurait été prise que sur simple foi d'une expertise financière, non pas indépendante, mais commanditée par Bernard Tapie, lui-même. 

Rapport qui, de plus, aurait faussé la donne sur le bilan financier de La Provence, le quotidien régional dont l'homme d'affaires est l'actionnaire majoritaire. 

Bref, on serait loin d'un jugement impartial, dont, hasard du calendrier, l'appel doit être examiné ce mardi. 

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