Olivier Corel
Olivier Corel © MaxPPP

Français d'origine syrienne, âgé de 69 ans, Olivier Corel est présenté comme le leader de la « filière d’Artigat », du nom d’un hameau d’Ariège. Le « gourou » est soupçonné d’avoir radicalisé toute une génération de futurs djihadistes, mais il n’a jamais été condamné pour avoir participé à l’envoi de jeunes en Syrie.

Le parcours de « l’émir blanc »

De son vrai nom Abdel Ilat al-Dandachi, Olivier Corel est né en 1946, à Homs en Syrie. Il fuit la Syrie car il est persécuté en tant que Frère musulman. Arrivé en France en 1973 pour poursuivre [des études de pharmacie vite abandonnées](https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Corel - cite_note-LM251115-1), il est naturalisé Français en 1983. Responsable de la section toulousaine de l'association des étudiants islamiques de France, il prêche alors le salafisme dans les cités toulousaines, notamment à Bellefontaine. Celui qu’on appelle le «cheikh» Corel fonde en 1987 la communauté islamiste d’Artigat, du nom du petit village ariégeois dans lequel il réside (600 habitants). Il y vit toujours avec sa femme, Nadia Chammout, dans une ferme rustique.

Dès la fin des années 90, Olivier Corel est dans le collimateur des renseignements généraux, qui ont noté des allers-venues de jeunes des cités "montant" à Artigat en retraites organisées par leur "guide spirituel". "J’ai toujours ouvert ma porte. J’ai reçu des Français non convertis, comme je vous reçois", déclare-t-il au Monde.

Le clan Merah, dont la sœur de Mohamed, Souad, et le frère, Abelkader, ont séjourné à Artigat, officiellement pour suivre des cours de religion et des conférences sur la géopolitique au Moyen-Orient. Il avait reçu Abdelkader en janvier 2012, moins de trois mois avant les meurtres, pour régler son divorce religieux ; Mohamed Merah était présent. Selon Abdelghani Merah, le frère aîné, c’est Corel qui aurait marié Mohamed Merah selon le rite salafiste. Abdelghani Merah affirme que Mohamed Merah "était obnubilé par lui, il buvait ses paroles."

Il aussi accueilli d’autres futurs jihadistes depuis partis en Syrie, comme Sabri Essid et Fabien Clain, la « voix » des revendications des attentats du 13 novembre.

Souvent poursuivi, rarement condamné

En 2009, Olivier Corel est poursuivi pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », notamment avec Sabri Essid et Fabien Clain, pour avoir monté une filière de recrutement de jihadistes pour l’Irak. Il obtient un non-lieu.

En mars 2012, après les attentats de Mohamed Merah, Olivier Corel est interpellé mais rapidement relâché. A nouveau placé en en garde à vue en novembre 2014, il ressort libre.

Le 24 novembre 2015, la ferme d’Olivier Corel est perquisitionnée dans le cadre de l’état d’urgence post-attentats. Il est condamné le lendemain à 6 mois de prison avec sursis par le tribunal de Foix, pour « détention non autorisée d’un fusil de chasse ». "Je l'ai utilisé pour tirer les lapins qui mangeaient mes salades", a-t-il affirmé à la barre.

Hors du coup ?

Aujourd'hui, certains le disent vieilli et hors du coup. Le 13 novembre, au moment des attentats de Paris, il se faisait opérer des glandes surrénales. Il a appris la nouvelle à son réveil, le lendemain. Mais il n'a jamais condamné ces attaques.

Lors de son procès à Foix, il déclarait :

D’un côté ou de l’autre, ce qu’on dit pourrait être récupéré par une tendance. Je n'ai rien à me reprocher. Je ne suis pas un chef, ni un imam, ni rien de tout ça. Depuis le 25 novembre, il est assigné à résidence et doit pointer trois fois par jour au commissariat.

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