Le siège de l'association chiite "Centre Zarah France", dans cette ville située à proximité de Dunkerque, a été perquisitionné mardi matin et trois personnes ont été placées en garde-à-vue. La préfecture a justifié cette opération de par "le soutien marqué" de l'association à plusieurs organisations terroristes.

Les perquisitions de l'association ont débuté à 6H du matin, selon la préfecture du nord, menées par environ 200 policiers dont des agents du RAID et de la BRI.
Les perquisitions de l'association ont débuté à 6H du matin, selon la préfecture du nord, menées par environ 200 policiers dont des agents du RAID et de la BRI. © AFP / Philippe HUGUEN

La préfecture du Nord a déclenché mardi matin une opération antiterroriste de grande ampleur à Grande-Synthe, ville de 23 000 habitants située près de Dunkerque. À 6h, environ 200 policiers, dont des agents du RAID et de la BRI ont perquisitionné les locaux de l'association "Centre Zarah France" dont les dirigeants sont soupçonnés de légitimer le djihad et de faire l'apologie de mouvements terroristes.

Les perquisitions ont abouti à un placement en garde à vue de trois personnes, notamment pour détention illégale d'armes à feu.

Au même moment, le Journal officiel faisait état du gel de ses avoirs, ainsi que le gel des fonds d'une direction du ministère iranien du renseignement.  Le centre Zahra héberge plusieurs associations parmi lesquelles le Parti antisioniste, la Fédération chiite de France ou France Marianne Télé. Elles sont soupçonnées par les autorités françaises de promouvoir des mouvements tels que le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais. 

Sur son site internet, l'association, fondée en 2009, dit avoir pour but "de faire connaître le message de l'Islam à travers le regard du Prophète et de sa famille ; de les faire connaître, de traduire leurs pensées et de témoigner de leurs œuvres". 

Une association absente des réunions régulières avec les élus

Trois hommes se présentent comme étant à l'origine de l'association, Gouasmi Yahia, Tahiri Jamel et Khalid Abdelkrim. Leurs domiciles ont été perquisitionnés, selon une source proche du dossier. "Un certain nombre" des personnes qui font l'objet de visites domiciliaires détiennent des armes "légalement pour partie", a ajouté cette source.  

Selon des textes publiés sur le site internet, le centre qui dispose d'une "structure d'accueil à caractère social, familial et religieux", participait également à la "publication d'œuvres, à des colloques, des journées d'étude, des tables rondes, des voyages, des manifestations scientifiques, pédagogiques, religieuses et gnostiques", à "la réalisation de films à grand public". L'association a plus de 8 500 abonnés sur Facebook et sur YouTube.  En mai 2016, l'association avait posté un article condamnant "le groupe terroriste dirigé par le Calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi depuis le 29 juin 2014" (le chef du groupe État islamique), le qualifiant de "projet nazi socialo-sioniste".

Ces "visites domiciliaires" ont été sollicitées par le préfet du Nord auprès du juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance (TGI) de Paris, qui les a autorisées après avis du procureur de la République de Paris et du procureur de la République de Dunkerque.  Elles sont prévues par le Code de la sécurité intérieure et en vertu de dispositions introduites par la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (SILT) du 30 octobre 2017.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.