On prend les mêmes et on recommence. Tristement.

Nous ne sommes non plus à Saint-Omer, non plus à Paris, mais devant la cour d’assises pour mineurs de Rennes. Plafond aux dorures éclatantes, vitraux aux fenêtres et lustres plongeants. Dessous : six avocats déjà présents aux premiers procès, un des quatre enfants de Myriam Badaoui et Thierry Delay – Jonathan, troisième de la fratrie – et désormais un seul accusé : Daniel Legrand, déjà jugé à deux reprises pour les mêmes faits, mais alors qu’il était majeur.

Comme un air de déjà vu. Savamment accentué par les avocats de la défense. Car leur stratégie est assumée : les parties civiles veulent faire rejuger un acquitté d’Outreau ? Dans ce cas, refaisons le procès Outreau. Intégralement.

Alors, ils sont venus à six. Et pas des moindres : Me Eric Dupond-Moretti, Me Franck Berton en première ligne médiatique. Me Hubert et Julien Delarue, avocats historiques de la famille Legrand. Et ils ont usé et abusé de la possibilité à faire citer des témoins. Tous les acquittés d’Outreau, tout d’abord – deux sont décédés depuis. Une dizaine d’ « innocents chanceux » comme les surnomment la défense : cette cinquantaine de personnes accusées par les enfants, mais non poursuivies par la justice. Certains magistrats, parmi lesquels le juge d’instruction Fabrice Burgaud.

Bref, si l’on pensait l’affaire Outreau désormais appartenir au passé, on avait tort.

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