Un employé administratif de la préfecture de police de Paris a attaqué au couteau plusieurs de ses collègues avant d'être abattu, ce jeudi. D'après le ministre Christophe Castaner, l'assaillant n'avait jamais présenté "le moindre signe d'alerte".

Les accès à la préfecture de police de Paris ont été bloqués après une agression à l'arme blanche.
Les accès à la préfecture de police de Paris ont été bloqués après une agression à l'arme blanche. © Radio France / Corinne Audouin

C'est un lieu emblématique du pouvoir policier, en plein cœur de la capitale, sur l'île de la Cité : la préfecture de police de Paris a été le théâtre d'une attaque à l'arme blanche, ce jeudi 3 octobre. Un employé administratif, rattaché à la Direction du renseignement, a tué quatre fonctionnaires (dont une femme) avec un couteau de cuisine, avant d'être abattu par les forces de l'ordre. Une autre personne a été hospitalisée en urgence absolue. 

À ce stade, les enquêteurs explorent notamment la piste d'un "conflit personnel", mais le parquet national antiterroriste reste en observation. Selon les informations de France Inter, l'homme s'était converti à l'islam il y a 18 mois.

Le déroulé de l'attaque

L'attaque est survenue entre 12h30 et 13h. Muni d'un couteau de cuisine, l'homme a attaqué trois policiers de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), dans des bureaux situés au premier étage. Dans l'escalier, il s'en est pris à deux femmes, l'une employée à la Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne, l'autre à la Direction des ressources humaines. Il a été abattu dans la cour du bâtiment.

"J'étais dans l'aile où il y a plutôt des bureaux et l'escalier qui monte chez le préfet. J'ai entendu un tir. J'ai compris que c'était à l'intérieur", explique Emery Siamandi, un interprète qui se trouvait à l'intérieur de la préfecture au moment de l'attaque. "Quelques instants après, j'ai vu des policières qui pleuraient. Elles étaient en panique. Au départ, j'ai pensé que c'était peut-être un policier qui s'était suicidé. Ça courait partout, ça pleurait partout."

L'assaillant, un homme de 45 ans qui souffrait d'un handicap, faisait partie du service informatique de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), et à ce titre ne possédait pas d'arme à feu. Sa femme a été placée en garde à vue et son domicile, dans le Val-d'Oise, a été perquisitionné ce jeudi après-midi. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur ses motivations, a annoncé le procureur de la République de Paris Rémy Heitz. 

Le périmètre de la préfecture de police a aussitôt été bouclé. Le président Emmanuel Macron, le premier ministre Édouard Philippe et le procureur de la République de Paris Rémy Heitz se sont rendus sur place, ainsi que la maire de Paris, Anne Hidalgo.

D'après Christophe Castaner, l'auteur de l'attaque, un fonctionnaire de catégorie C, n'avait "jamais présenté de difficulté comportementale", ni "le moindre signe d'alerte".

À l'ouverture de la séance à l'Assemblée nationale, les députés ont observé, debout, un moment de recueillement en hommage aux quatre policiers tués. Mercredi, une marche de la colère a rassemblé 27 000 policiers, selon les organisateurs, afin de dénoncer le malaise de la profession.

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