Parisien, Parisienne, divorce consommé
Parisien, Parisienne, divorce consommé © Radio France / Olivier Bénis

Le Parisien a-t-il le monopole de la Parisienne ? Le quotidien assigne en justice une blogueuse dont le site "theparisienne.fr" est selon lui une contrefaçon de son mensuel "La Parisienne". Sur le web, le Parisien est donné largement perdant...

"Je n'en suis toujours pas revenue" : c'est avec cette phrase que la polémique a commencé. "The Parisienne", c'est son site, son "moi numérique", là où elle raconte depuis 2008 les restaurants, les expositions, bref le Paris qu'elle connaît. La surprise, elle est venue d'un autre Parisien, Le Parisien même, quotidien national (qui a la bonne idée de s'appeler "Aujourd'hui en France" dans le reste du pays).

"Je suis Parisienne"

Selon la blogueuse, le journal l'a mise en demeure en septembre 2013, estimant que le nom de son site était une référence trop explicite à sa propre publication et plus précisément à "La Parisienne", magazine dérivé du quotidien. Persuadée qu'il s'agit d'un simple malentendu, elle demande à en discuter avec son directeur général.

Début d'escalade en juin 2014, avec une assignation. Et les choses se sont définitivement envenimées ce mardi, Le Parisien annonçant officiellement réclamer 20.000 euros de dommages et intérêts et l'abandon de l'adresse du site theparisienne.fr. Le quotidien, de son côté, assure qu'il a eu "de très nombreux échanges depuis 2013" et estime qu'il s'agit clairement "d'une contrefaçon sur une marque déposée depuis 2003".

La Parisienne (celle du web) s'en est depuis indignée sur son blog, et Internet a fait le reste. Très vite, le mot-clé #jesuisparisienne a fleuri sur Twitter, pour montrer son soutien au site contre le quotidien.

Une mobilisation qui a autant surpris le journal que la blogueuse, Hélène Chevallier

Parisienne© ?

L'affaire pose à nouveau la question des marques déposées quand elles reprennent des termes usuels ou très généraux. Difficile en effet d'imaginer que l'utilisation du terme "Parisienne" puisse être soumis aux règles de la contrefaçon. D'ailleurs, le nom est aussi (entre autres) celui d'une course à pied féminine organisée chaque année dans la capitale.

Beaucoup d'internautes promettent aussi au Parisien un bel "effet Streisand", cette règle qui veut que tenter de cacher une information ou de censurer une publication ne fait que lui donner plus de visibilité. Et si le blog "The Parisienne" n'arrive qu'en fin de première page en recherchant "la parisienne" sur Google (loin derrière la version web de "La Parisienne"), les algorithmes du moteur de recherche pourraient bien lui faire gravir quelques échelons au vu de sa popularité sur les réseaux sociaux.

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Car en arriver à un contentieux judiciaire est rarement une bonne idée. L'an dernier, l'éditeur de jeux King avait ainsi tenté d'attaquer un concurrent dont le dernier jeu vidéo s'appelait "The Banner Saga". King assurait avoir déposé le mot "Saga" utilisé notamment dans son produit phare "Candy Crush Saga". Face au tollé provoqué par sa décision, l'entreprise avait finalement renoncé, abandonnant également ses droits sur le mot "Candy".

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