Le maire de Levallois-Perret a été reconnu coupable ce vendredi de fraude fiscale par le tribunal correctionnel de Paris, dans le premier volet de l'affaire le concernant. Sa femme, Isabelle, a été condamnée à trois ans de prison, sans mandat de dépôt. Patrick Balkany va faire appel.

Dans le volet "blanchiment et corruption" de l'affaire Balkany,  le tribunal correctionnel de Paris rendra sa décision le 18 octobre.
Dans le volet "blanchiment et corruption" de l'affaire Balkany, le tribunal correctionnel de Paris rendra sa décision le 18 octobre. © AFP / Samuel Boivin / NurPhoto

Il est arrivé en milieu d'après-midi à la maison d'arrêt de la Santé où il s'apprête à passer la nuit. Patrick Balkany a été reconnu coupable de fraude fiscale, ce vendredi, par le tribunal correctionnel de Paris, et condamné à quatre ans de prison avec incarcération immédiate. Son épouse écope de trois ans de prison, sans mandat de dépôt. Tous les deux voient leurs peines assorties de 10 années d'inéligibilité.

À la sortie de l'audience, Éric Dupond-Moretti, avocat du maire de Levallois-Perret, s'est dit "sidéré" par cette condamnation avec mandat de dépôt, et dénonce une humiliation. Il va faire appel. 

Patrick Balkany, 71 ans, et son épouse Isabelle - absente lors du procès - étaient tous les deux présents pour l'énoncé du jugement, rendu devant une salle comble.

La peine prononcée ce vendredi à l'encontre de Patrick Balkany est conforme à celle réclamée par le parquet financier. Quatre années de prison dont deux avec sursis avaient été requises à l'encontre d'Isabelle Balkany. Et contre chacun, dix ans d'inéligibilité.

Le tribunal a estimé que le couple avait sciemment minoré la valeur de ses biens immobiliers - à savoir la villa Pamplemousse à Saint-Martin, un riad à Marrakech, et le moulin de Giverny - et intentionnellement dissimulé à l'administration fiscale la majeure partie de ses revenus, portant ainsi gravement atteinte à l'ordre public et économique.

Au total, les sommes éludées sont estimées à plus de 4 millions d'euros d'impôts sur le revenu et la fortune, un montant contesté par la défense.

"Une fraude fiscale massive afin de léser les intérêts d'une République dont il se disait pourtant le fidèle serviteur"

Dans leur décision, les magistrats évoquent une fraude fiscale mise en oeuvre afin "de léser les intérêts d'une République française dont [Patrick Balkany] se disait pourtant le fidèle serviteur depuis tant d'années". Ils fustigent également la personnalité de l'élu qui "n'a tiré aucune des conséquences qui s'imposaient avec la force de l'évidence à un représentant de la Nation auquel les électeurs avaient accordé leur confiance". À leurs yeux, le maire de Levallois a "persisté pendant des années dans un comportement par essence lucratif et strictement contraire aux valeurs fondamentales de la République".

Dans la foulée de ce premier procès en mai dernier, un deuxième s'était tenu devant le tribunal correctionnel de Paris, les édiles de Levallois-Perret étant soupçonnés de "blanchiment", ainsi que de "corruption" dans le seul cas de Patrick Balkany. Le jugement sera rendu le 18 octobre prochain. Dans ce volet, le ministère public avait requis sept ans d'emprisonnement à l'encontre de l'élu.

► À RÉÉCOUTER : Il était une fois dans l’Ouest de Paris : au royaume des Balkany - Affaires sensibles

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.