Condamné à la perpétuité en 1977 pour le meurtre du petit Philippe Bertrand, sept ans, il avait échappé à la peine de mort quelques années avant son abrogation. Sorti de prison en septembre dernier pour raisons médicales, il est finalement mort d'un cancer à 64 ans.

Photo d'archives de Patrick Henry en 1976
Photo d'archives de Patrick Henry en 1976 © Maxppp / PHOTOPQR/EST ECLAIR

Il fut à l'origine d'une des plus célèbres phrases de l'histoire de la télévision : "La France a peur". Prononcée par Roger Gicquel au lendemain de l'arrestation de Patrick Henry, qui sera condamné un an plus tard pour le meurtre d'un petit garçon qu'il avait préalablement enlevé pour réclamer une rançon. On connait moins la suite de cette phrase, où le journaliste esquissait déjà le débat qui allait déchirer la France pendant le procès : "nous avons peur, et c'est un sentiment qu'il faut déjà que nous combattions je crois. Parce qu'on voit bien qu'il débouche sur des envies folles de justice expéditive, de vengeance immédiate et directe. Et comme c'est difficile de ne pas céder à cette tentation, quand on imagine la mort atroce de cet enfant."

Car autant qu'un meurtrier condamné, en 1977, à la perpétuité, Patrick Henry aura été une étape symbolique et importante dans le combat de son avocat, Robert Badinter, qui fera abolir la peine de mort en tant que ministre de la Justice, en 1981.

Libération et retour en prison

À l'issue de son procès, il avait en effet échappé de justesse à la guillotine, contrairement au dernier guillotiné français, Hamida Djandoubi, exécuté en septembre de la même année. Patrick Henry avait ensuite obtenu en 2001 une libération conditionnelle, avant d'être interpellé un an après dans une affaire de drogue, en possession de 10 kilos de cannabis. C'est cette nouvelle affaire qui lui a valu de retourner derrière les barreaux (il a été condamné à quatre ans de prison, et sa libération conditionnelle a donc été révoquée).

Incarcéré pendant 40 ans et atteint d'un cancer sur la fin de sa vie, il avait finalement obtenu une suspension de peine pour motif médical. Le tribunal de l'application des peines de Melun avait d'ailleurs suivi l'avis des médecins en considérant que son état de santé "était durablement incompatible avec la détention". Il était sorti de prison en septembre dernier, avant de mourir ce dimanche à l'âge de 64 ans.

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