Station de métro à Lille
Station de métro à Lille © CC MPD01605

Une femme a été agressée mercredi soir dans le métro de Lille. Les autres passagers ne sont pas intervenus. Le procureur de la République a demandé une enquête pour savoir si le délit de non-assistance à personne en danger est constitué.

L'agresseur, un homme de 19 ans ivre au moment des faits, a été arrêté et condamné jeudi à 18 mois de prison ferme en comparution immédiate, pour agression sexuelle par une personne en état d'ivresse et pour violences avec usage d'une arme par destination.

Mercresdi à 22h30, la jeune femme entre dans une station de métro du centre de Lille. Le jeune homme, visiblement très éméché, avec à la main une petite bouteille de vodka, l'aborde, la touche et menace de la violer. Les caméras de surveillance montrent que personne n'intervient. Et quand la victime monte dans la rame, les voyageurs choisissent même de monter dans un autre wagon.

La jeune lilloise raconte :

Les gens sont partis dans l'autre rame tout au fond. Ils m'ont laissée toute seule et ils me regardaient me faire agresser. J'ai demandé du secours, j'ai crié à l'aide.

Descendue sur le quai avec son agresseur à ses trousses, là aussi elle ne trouve pas de soutien auprès des usagers présents. L'homme menace de la frapper à plusieurs reprises, et lui touche la poitrine et les fesses.

La jeune femme finit par sortir du métro et, à l'extérieur, tente d'arrêter les voitures. Un jeune conducteur s'arrête, elle s'engouffre dans son véhicule avant qu'une altercation n'éclate entre le conducteur et l'agresseur. Il est finalement maîtrisé par les agents de sécurité de l'hôpital adjacent.

En tout l'agression aura duré entre 20 et 30 minutes

Interpellé par la police, l'agresseur a prétendu vouloir "draguer" sa victime. L'homme est connu des services de police notamment pour des vols avec violence.

La jeune femme est très choquée. Elle explique :

Je ne demandais pas grand-chose, juste qu'on me donne un coup de main.

Devant l'attitude de certains témoins pouvant être éventuellement assimilée à de la non-assistance à personne en danger, le procureur de la République de Lille, Frédéric Fèvre, a demandé aux policiers de mener une enquête, "afin de déterminer, explique-t-il, si l'infraction est juridiquement constituée".

Frédéric Fèvre avec Valentin Dunate

Les voyageurs pouvaient, au moins, tirer le signal d'alarme

Assistance à personne en danger, que dit la loi ?

Le Code pénal parle d'abstention volontaire de porter assistance à une personne en péril. Un délit puni au maximum de cinq ans d'emprisonnement, et de 75.000 euros d'amende. Si le délit est constitué, la jeune femme peut se constituer partie civile contre les spectateurs passifs de son agression.

Les explications de Corinne Audouin

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