Décision judiciaire dans une affaire de piratage
Décision judiciaire dans une affaire de piratage © Flickr / pasukaru76

L'une des affaires de piratage de films les plus emblématiques des années 2000 va s'achever ce mercredi. Elle vise les membres de la GG Team, la signature qu'on retrouvait sur ces liens de téléchargement en peer2peer. Certains risquent la prison.

Décidément la justice a, plus encore que la société, du mal à aller aussi vite qu'Internet. Douze ans après les faits, le tribunal de grande instance de Paris va enfin rendre sa décision sur une affaire de piratage dont les moyens techniques semblent être un lointain souvenir pour les adeptes du téléchargement . À l'époque, la GG Team est symbolique d'Emule, un logiciel de partage de fichiers en peer2peer.

Pour les 11 prévenus, l'affaire risque d'avoir un impact très tardif mais bien réel, presque trop réel pour leurs délits virtuels. Les réquisitions sont très lourdes : de la prison ferme pour certains (jusqu'à six mois) et des dommages et intérêts exorbitants (plus de deux millions d'euros) .

"C'est Retour vers le futur"

Extravagant, pour les avocats de la défense. L'un d'eux assure qu'on n'est pas ici face à de redoutables pirates mais plutôt devant des "anars d'Internet", amateurs de cinéma, qui ne pensaient qu'à remporter la course au partage de films piratés . Un sport qui a depuis fait de nombreux émules... Et dont beaucoup sont revenus, y compris les membres de la GG Team, étudiants à l'époque, banquier ou cuisinier aujourd'hui...

Pour Bertrand Perrier, avocat de l'un des membres de la GG Team, on est ici dans "l'archéologie d'Internet" : une condamnation aussi lourde et aussi tardive n'aurait aucun sens.

On est vraiment dans l'antédiluvien d'Internet, ça a douze ans cette histoire ! On est à une époque où l'Internet est un espace de non-droit où tout est permis. On n'est pas du tout dans l'Internet d'aujourd'hui où tout est carré en termes de protection du droit d'auteur et de contrafaçon.

50 sec

"On est vraiment dans l'antédiluvien d'Internet !"

Preuve de leur bonne fois selon la défense : si les producteurs affirment avoir "perdu" (ou plutôt : "n'avoir pas gagné") des centaines de milliers d'euros dans l'affaire, les prévenus eux n'en ont rien tiré. Aucun des membres n'a gagné le moindre centime dans l'affaire.

On est loin de la dernière affaire en date, où le créateur d'un site de téléchargement s'est vu saisir sont 4x4 de luxe. Son chiffre d'affaires était évalué à 450.000 euros.

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