Après neuf mois d'enquête, le parquet de Paris a annoncé qu'il classait sans suite la plainte de Sand Van Roy. La comédienne accusait le réalisateur et producteur de l'avoir violée à plusieurs reprises.

Luc Besson, en février 2018 à la Berlinale
Luc Besson, en février 2018 à la Berlinale © AFP / Stefanie LOOS

Tout a commencé au printemps 2018 : Sand Van Roy, comédienne et mannequin, porte plainte contre Luc Besson. La jeune femme de 30 ans et le réalisateur de 59 ans entretiennent une relation depuis 2 ans. Ils se sont rencontrés à l'occasion du film "Valérian", où Luc Besson l'avait engagée pour un petit rôle. 

Ce 18 mai 2018, Sand Van Roy accuse Luc Besson de l'avoir forcée à un rapport sexuel, la veille au soir, à l'hôtel Bristol à Paris. Elle a un bleu à l’œil gauche, et des marques dans le dos, qu'elle fait constater à l'Unité médico-judiciaire de l'Hôtel-Dieu. Le 6 juillet, Sand Van Roy dépose une seconde plainte, dénonçant des viols antérieurs.

Saisis par le parquet, les policiers de la première DPJ entendent deux fois la jeune femme. Le réalisateur est lui interrogé en octobre, sous le régime de l'audition libre. Et puis, il y a deux mois, le 11 décembre, les enquêteurs confrontent Sand Van Roy et Luc Besson. Mais chacun campe sur ses positions : Luc Besson nie toute contrainte envers la jeune femme, tandis que Sand Van Roy décrit une relation d'emprise, faite de violences et d'humiliations.

Quatre autres femmes ont témoigné dans le cadre de cette enquête : trois dénoncent des gestes inappropriés, pouvant être qualifiés d'agressions sexuelles ; des faits allégués qui remontent aux années 1990-2000, et seraient donc prescrits. Les vérifications sont toujours en cours concernant des faits dénoncés le 13 février dernier, dans une lettre au procureur de Paris. Une actrice d'une quarantaine d'années, vivant aux États-Unis, a raconté dans ce courrier, révélé par Mediapart, une tentative d'agression sexuelle en mars 2002.

La quatrième jeune femme, une étudiante de l'école de cinéma de Luc Besson à Saint-Denis, a fait état d'un harcèlement sexuel qu'elle aurait subi en 2016 ; elle n'a pas porté plainte. 

Après neuf mois d'enquête, le parquet estime donc que les "nombreuses investigations n'ont pas permis de caractériser l'infraction dénoncée". C'est-à-dire que les enquêteurs n'ont pas trouvé d'éléments suffisants pour étayer l'accusation de viols portée par la jeune femme.

Par la voix de son avocat Thierry Marembert, Luc Besson, très discret depuis le début de l'affaire, dit avoir "pris acte avec satisfaction" de cette décision. Le réalisateur "regrette que certains, heureusement minoritaires, l'aient trop hâtivement condamné et remercie tous les autres dont le soutien constant lui a permis d'affronter ces mois difficiles".

"Ce n'est que le début" a de son côté posté Sand Van Roy sur son compte Twitter. 

L'avocat de la jeune femme, Me Francis Szpiner, a d'ores et déjà annoncé qu'il allait déposer une nouvelle plainte avec constitution de partie civile. Et ce, afin qu'un juge d'instruction reprenne toute l'affaire.

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