Au moins 500 enfants et adolescents membres du chœur de Ratisbonne en Allemagne, ont été victimes de pédophiles entre 1945 et 1990.

Les enfants du chœur de Ratisbonne en 2014  (photo d'illustration).
Les enfants du chœur de Ratisbonne en 2014 (photo d'illustration). © Reuters / Lukas Barth

Au moins 547 mineurs ont été victimes de sévices sexuels et notamment de viols entre 1945 et 1994 au sein du chœur de Ratisbonne. L’Allemagne a découvert ce mardi l’ampleur du scandale révélé dans un rapport d'enquête.

Parmi les "Regensburger Domspatzen" ("Les moineaux de la cathédrale de Ratisbonne"), 500 ont subi des maltraitances physiques et 67 ont aussi été victimes d'agressions sexuelles, comme l’a rapporté Ulrich Weber, l'avocat chargé par l'Eglise catholique d’enquêter sur cette affaire.

D’après ses informations, le nombre des victimes pourrait finalement dépasser les 700. Ce scandale est déjà connu en Allemagne puisqu’il a éclaté en 2010. Mais le bilan donné mardi est largement supérieur à celui rendu public par un rapport intermédiaire en 2016 qui évoqué 231 victimes de violences physiques, dont des agressions sexuelles.

Parfois violés ou frappés

Les enfants étaient privés de nourriture, parfois violés ou frappés par des membres du clergé et des éducateurs. Comme la plupart des cas sont prescrits, les 49 auteurs présumés des violences identifiés dans le rapport ne devraient donc pas être poursuivis mais chaque victime devrait recevoir jusqu'à 20.000 euros d'indemnisation.

Ce chœur millénaire et mondialement connu a été décrit par ces anciens membres comme "une prison, un enfer et un camp de concentration", "le pire moment de leur vie, marqué par la peur, la violence et la détresse".

Un "climat de peur" régnait au sein de cette institution qui abrite également un établissement scolaire de la maternelle au lycée. Selon Ulrich Weber, les violences ont ainsi été particulièrement subies par les enfants en maternelle.

Responsabilité de Mgr Georg Ratzinger, frère de l'ancien pape

Pour l’avocat mandaté par l’église, l'évêque en poste au moment des faits n’a pas suffisamment « encouragé le dialogue avec les victimes ». Il pointe aussi la responsabilité de Mgr Georg Ratzinger, frère de l'ancien pape Benoît XVI, qui a dirigé le chœur de 1964 à 1994. Agé aujourd’hui de 93 ans, Mgr Ratzinger, a toujours assuré n'avoir pas eu connaissance de sévices sexuels subis par les enfants. Pourtant selon l’avocat Weber, il était au courant de ces violences et a "détourné le regard" car "culture du silence" régnait et qu’il fallait à tous prix « protéger l’institution ».

Dans son rapport, non seulement certaines victimes auraient été ignorées mais par ailleurs certains agresseurs auraient été protégés. En revanche, l'ancien évêque de Ratisbonne entre 2002 et 2012, le cardinal Gerhard Ludwig Müller, 69 ans, avait été à l'origine en 2010 de ce travail d'enquête qui a permis d’en arriver aux faits décrits dans ce rapport.

A cette époque, en 2010, Franz Wittenbrink, ancien membre de la chorale, avait témoigné au magazine allemand Der Spiegel de la violence dont était capable Georg Ratzinger. Le chef d'orchestre et compositeur allemand avait plus largement parlé d’un "système de punitions sadiques relié au plaisir sexuel".

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