protection policière pour le Grande Mosquée de Paris
protection policière pour le Grande Mosquée de Paris © AP Photo/Michel Euler

Alors que les imams ont condamné les actes de terrorisme et multiplié les appels au calme et à l'unité républicaine vendredi lors de la prière hebdomadaire, plusieurs lieux de culte musulmans en France ont été pris pour cible

"Dieu pleure, s'il voit ça": dans une grande mosquée de Châteauroux, comme partout ailleurs en France, la prière du vendredi a été dominée par l'attentat contre Charlie Hebdo, et suivie d'un rassemblement dénonçant les auteurs du carnage.

A la grande mosquée de Paris, le recteur Dalil Boubakeur a lancé "un appel solennel à tous les musulmans de France pour participer (...) à la journée" de manifestation de dimanche.

"Rien ne peut justifier une telle violence", a déclaré lors de la prière l'imam Belgacem Ben Saïd à la mosquée Assalam de Nantes qui a ajouté :

Après ce drame, on nous signale que des mosquées ont été la cible d'explosions et de tags. Ne répondons pas par la violence mais par la résistance pacifique.

Plusieurs mosquées ont été la cible d'attentats

Impacts de balles, inscriptions racistes, tête de porc accrochée à une porte: différents lieux de culte musulmans en France ont été de nouveau pris pour cible.

Une mosquée du centre-ville de Chalon-sur-Saône a été taguée dans la nuit de jeudi à vendred. Une inscription proclamait "Charlie", sur une autre était écrite l'insulte "sale arabe". Des agents municipaux ont effacé les inscriptions dans la matinée et une enquête a été ouverte pour tenter de retrouver le ou les auteurs des tags.

Dans un communiqué, le maire UMP Gilles Platret a écrit :

Je tiens à faire part de ma profonde émotion et de ma plus ferme condamnation face aux inscriptions d'insultes et de croix gammées opérées sur le mur du centre culturel musulman du Centre. Ceci est intolérable et ne doit être toléré dans notre ville. Aujourd'hui, plus que jamais, l'heure doit être au rassemblement, au refus de l'amalgame et au respect de tous.

La mosquée des Sablons au Mans a até victime de tirs et de jets de grenades d'exercice jeudi.

Quatre coups de feu ont été tirés jeudi vers 23H00 sur la façade d'une mosquée de la commune tarnaise de Saint-Juéry (7.000 habitants), proche d'Albi, sans faire de blessé.

La même nuit, des inscriptions racistes et haineuses faisant référence à l'attentat contre Charlie Hebdo ont été tracées sur la mosquée de Bayonne . L'inscription sur le portail proclamait "Charlie liberté" tandis qu'une poubelle portait des insultes racistes.

A Corte , en Haute-Corse, une tête de porc et des viscères ont été découverts, vendredi matin, accrochés à la porte d'une salle de prière musulmane.

Dans le Pas-de-Calais, deux mosquées en chantier ont été détériorées. Des croix gammées ont été dessinées à Liévin où une tête de cochon a été trouvée selon le procureur. A Béthune , le tag "dehors les arabes", était visible sur une palissade du lieu de culte en construction.

A Rennes , les inscriptions "Er maez" -"dehors" en breton - et "Arabes", ont été taguées à la bombe dans la nuit de jeudi à vendredi sur la façade d'un centre culturel et cultuel islamique en construction.

A Bischwiller , dans le Bas-Rhin, un tag "Ich bin Charlie" a été découvert jeudi matin sur le mur extérieur d'une nouvelle mosquée.

Pour le procureur de Chambéry il y a une "forte probabilité" que l'incendie ayant occasionné d'importants dégâts dans une mosquée d'Aix-les-Bains dans la nuit de jeudi à vendredi soit d'origine criminelle.

D'autres lieux de culte musulmans avaient déjà été visés, dans l'Aude, le Rhône ou encore la Sarthe, par des tirs d'armes à feu et une explosion, sans faire de blessés.

Pour le président de l'association des musulmans de la Côte basque, Abderrahim Wajou :

On a peur de ces actes d'amalgame!. On est comme tout le monde, on est effarés par ce qui s'est passé à Charlie Hebdo, c'est totalement injuste (...) Mais ajouter de l'injustice à l'injustice, c'est mettre la pagaille dans la société.

L'Observatoire de la laïcité auprès du Premier ministre a appelé:

L'ensemble de la population, mais aussi de la classe politique et médiatique, à ne pas tomber (...) dans le piège politique tendu par ce terrorisme abject. Piège destiné à créer un fossé entre les Français musulmans et les autres citoyens.

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