Lancée par le Premier ministre Lionel Jospin en 1998, démantelée en 2003 par Nicolas Sarkozy, la police de proximité fait son retour vingt ans après.

Le Président Emmanuel Macron et Gérard Collomb, son ministre de l'Intérieur ont promis pendant la campagne présidentielle de mettre en place une "police du quotidien".
Le Président Emmanuel Macron et Gérard Collomb, son ministre de l'Intérieur ont promis pendant la campagne présidentielle de mettre en place une "police du quotidien". © AFP / ludovic MARIN

Le gouvernement d'Edouard Philippe s'apprête à mettre en place une "police de sécurité du quotidien". Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a précisé qu'elle verra le jour début 2018. 

Dans un premier temps, nous allons faire des expérimentations dans certaines zones. 

Apparue en 1998, disparue en 2003, la police de proximité va donc faire son grand retour. A la fin des années 90, Lionel Jospin alors Premier ministre, et Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur mettent en place cette police afin de tenter de rapprocher ses agents de la population. Le policier n'est plus vu seulement dans sa dimension répressive mais aussi dissuasive et préventive. Dans les quartiers où "on aime pas la police", il est par ailleurs plus facile de nouer des contacts ou de récupérer des informations quand on est le flic du quartier, celui que l'on voit tous les jours, qui connait les parents, les commerçants, les habitudes. 

Beaucoup critiquée, cette police de proximité avait subi les foudres du ministre de l'Intérieur de 2003, qui l'avait caricaturée. Nicolas Sarkozy avait éreinté cette police de proximité et "des policiers qui ne sont pas des travailleurs sociaux."

"La police n'est pas là pour organiser des matchs de rugby dans les quartiers mais pour arrêter les délinquants", avait lâché le futur président lors d'un déplacement à Toulouse. 

Quelques temps après, il supprimait la police de proximité. Entre 2003 et 2007, la politique sécuritaire de la droite oppose répression et prévention. L'UMP dans son ensemble estime que la gauche a fait preuve "d’angélisme" et que le rôle des agents est "d'arrêter les délinquants".

Pourtant, au cours de la campagne de la présidentielle de 2007, le candidat Sarkozy convient du fait qu'une police de "quartier" serait sans doute nécessaire. Mais l'idée reste à l'état de projet. 

En 2012, le candidat puis président Hollande évoque la police de proximité dans son projet sans pour autant l'appliqué. 

Pour la campagne de 2017, le candidat Macron a rapidement évoqué son souhait de voir appliquer à nouveau la police de proximité. Une fois élu, le président a réaffirmé ce souhait et confié à Gérard Collomb, son ministre de l'intérieur le soin d'y travailler. L'ancien maire socialiste de Lyon a affirmé qu'une "police de sécurité quotidienne" ferait son apparition début 2018 sans pour autant donner le détail de son fonctionnement ou de ses objectifs.  Dans le magazine La Gazette des communes, l'Association nationale des cadres territoriaux de sécurité (ANCTS) s’inquiétait toutefois d'un possible dissolution des polices municipales. 

Ce mercredi à l'Elysée, le chef de l'Etat devait donner quelques éléments d'explication supplémentaires, notamment en ce qui concerne l'augmentation du nombre de policiers.  Alors que le projet n'est pas encore connu sur le fond, plusieurs villes ont d'ores et déjà fait savoir qu'elles étaient candidates pour accueillir ce nouveau dispositif policier. Parmi elles, Aulnay-sous-Bois, où la méfiance à l'égard de la police, liée notamment à l'affaire Théo, atteint son paroxysme.

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