Après la mort de trois gendarmes tués par un forcené dans le Puy-de-Dôme, nous avons cherché à savoir quelles étaient les principales causes des morts dans les forces de l'ordre ces dernières années. Meurtres, accidents, mais aussi problèmes de santé : les statistiques mêlent parfois des situations très différentes.

La route a été un ennemi mortel pour les policiers en 2020
La route a été un ennemi mortel pour les policiers en 2020 © AFP / LOIC VENANCE

Les policiers et gendarmes sont-ils plus exposés qu'avant à des situations qui mettent leur vie en danger ? Pour tenter de le savoir, l'ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales) avait publié fin 2019 des statistiques officielles recensant les membres des forces de l'ordre qui ont perdu la vie en exerçant leur métier.

Elle y établit une grande distinction, qui montre à quel point les situations sont variées : il y a les morts en mission et les morts en service. Les morts en mission regroupent les gendarmes et policiers morts pendant une opération de police (maintien de l'ordre, investigation, sécurité publique, etc.) comme dans le Puy-de-Dôme cette nuit. Les morts en service regroupent les gendarmes et policiers morts pendant leur temps de travail, mais en-dehors d'une opération. On y trouve par exemple les accidents pendant une formation, ou les accidents de la circulation pendant le trajet domicile/travail.

Toutefois, une autre distinction importante se superpose à la première : celle entre les morts accidentelles et les morts criminelles. Là où ça devient complexe, c'est qu'une mort en mission peut tout à fait être accidentelle, et une mort en service (hors opération de police donc) criminelle. Par exemple, en 2018, sur les neuf gendarmes morts en mission, l'un d'eux est décédé suite "à un accident de sport", selon l'ONDRP ; tandis que les victimes de l'attentat contre la préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019 sont morts en service, et pas en mission.

En 2020, selon notre recensement dans les affaires relayées par la presse (l'ONDRP n'ayant pas encore publié ses chiffres officiels), quatre policiers et trois gendarmes ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions :

  • un policier percuté volontairement par un fourgon qu'il tentait d'interpeller à Bron, le 13 janvier
  • un policier tué dans un accident de la route sur l'autoroute A10, lors d'un déplacement vers une mission de routine, le 1er septembre
  • un policier tué dans un accident de la route alors qu'il se rendait sur les lieux d'un cambriolage en cours, à Villeneuve-d'Ascq, le 5 septembre
  • un policier tué par une voiture de la BAC (brigade anti-criminalité) qui poursuivait un suspect, en Seine-et-Marne le 8 décembre
  • trois gendarmes tués par un forcené à Saint-Just (Puy-de-Dôme) dans la nuit du 22 décembre