La fusillade dans un lycée de Grasse, provoquée par un élève armé, relance le débat sur la sécurité des établissements scolaires, notamment la question des portiques de sécurité.

Les chefs d'établissement demandent des agents de sécurité devant les lycées.
Les chefs d'établissement demandent des agents de sécurité devant les lycées. © AFP / FRANK PERRY

Après la fusillade survenue jeudi au lycée Tocqueville de Grasse, la sécurité dans les lycées se retrouve à nouveau au cœur des débats. Un lycéen s’était alors introduit dans l'établissement lourdement armés, notamment d'un fusil et d'un revolver, empruntés "chez ses parents et son grand-père", a-t-on appris vendredi de source proche de l'enquête.

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Les portiques de sécurité en question

A la suite des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, futurs présidents des régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, souhaitaient l'installation de portiques de sécurité à l'entrée de tous les lycées, comme l'expliquait Laurent Wauquiez en janvier 2016:

L’objectif est d’apporter plus de sécurité dans nos lycées car, aujourd’hui, on a des lycées qui ne sont absolument pas protégés

Un an et demi après, cette idée a déjà été remise dans les cartons, en raison de son coût mais surtout de l’impossibilité de sa mise en place.

"On lutte déjà pour que les élèves arrivent à l’heure"

Philippe Tournier, le secrétaire général du SNPDEN, syndicat majoritaire des chefs d'établissement, explique : "Le calcul a été fait par nos collègues notamment dans la région Auvergne-Rhône-Alpes où le projet existait. Pour un lycée d’un millier d’élèves, il fallait qu’ils arrivent une heure en avance pour passer les contrôles de sécurité alors qu’on lutte déjà pour que les élèves arrivent à l’heure normale. Ce n’est techniquement pas sérieux."

Les différents processus de sécurité ont très bien fonctionné ce jeudi à Grasse, les élèves ont entendu "alerte attentat" dans un haut-parleur et se sont mis sous les tables. Depuis la rentrée 2016, 92% des établissements scolaires (de la maternelle au lycée) ont mis en place au moins un exercice "attentat intrusion". Le lycée Tocqueville avait réalisé cet exercice en octobre dernier, d'après l'académie. Mais deux rapports ont souligné récemment des manquements dans de nombreux établissements.

Agents de sécurité : 500 personnes pour 60 000 établissements

Philippe Tournier s'étonne de ne toujours pas être doté d'agents de sécurité : "Ça existe dans les hôpitaux, dans les centres commerciaux, dans les mairies et même au ministère de l’Education nationale mais toujours pas dans les établissements scolaires. Nous ne demandons pas des gardes armés devant les établissements. Ce n’est absolument pas notre demande mais on dit qu’à un moment, la sécurité est un métier." Et d'après lui, ce n'est pas au chef d'établissement de l'exercer.

Des équipes mobiles de sécurité sont bien chargées de lutter contre la violence scolaire mais elles ne représentent que 500 personnes pour 60 000 établissements.

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Dans les collèges et lycées, des tests pour les alertes attentats

Marin, 15 ans, est en classe de 3ème au collège Saint-Pierre-Fourrier dans le 12e arrondissement de Paris. Il témoigne : "En 2016, j’ai participé à un test dans mon collège, pour les alertes attentats. Un matin, vers 11h, l’alarme a sonné puis le professeur qui semblait serein, nous a demandé de fermer les rideaux, de s’éloigner des fenêtres, de fermer les portes de la classe et de nous mettre sous les tables. Après cinq minutes d’attente, le directeur est passé dans chaque classe pour nous dire que l’exercice était terminé et qu’il fallait de se remettre à travailler. J’ai eu peur car c’était une alarme que je n’avais jamais entendue avant".

Mes camarades et moi étions terrifiés, tout le monde se parlait et se questionnait. Le professeur ne nous a pas prévenus que c’était un exercice, alors qu’il le savait.

"Ensuite j’ai eu des explications. Cette alarme était un nouvel exercice mis en place suite à l’attentat du 13 novembre. On m’a dit que cette sonnerie retentira une fois par an. Je pense que c'est indispensable car il nous permet aussi d’avoir les bons réflexes".

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