Prison de Fleury-Mérogis
Prison de Fleury-Mérogis © MaxPPP / Florian Loisy

Selon un rapport de l'ONG Human Rights Watch, qui a mené l'enquête dans huit prisons, les prisonniers malades sont mal, voire pas du tout soignés lors de leur détention. Schizophrénie, troubles bipolaires, dépression : un détenu sur quatre serait touché.

"Une société se juge à l'état de ses prisons", disait l'écrivain et philosophe Albert Camus. On savait déjà qu'en France, dans ce domaine, la situation n'était pas reluisante : surpopulation, vétusté... On apprend aujourd'hui que les prisonniers malades n'y sont pas toujours soignés . Human Rights Watch l'affirme dans un rapport choc, réalisé suite à une enquête dans des prisons en région parisienne, à Rennes, Marseille ou Château-Thierry.

► ► ► DOCUMENT | Lire le rapport complet de HRW sur les troubles psychiatriques en prison (PDF)

"Le psy demande : Alors, le traitement, ça va ? Et c'est tout"

Les malades sont nombreux parmi les détenus (un sur quatre souffrirait d'une maladie mentale), et bien souvent privés de soins, ou en tout cas soignés a minima, selon Izza Leghtas, l'auteur de ce rapport.

C'est une double peine qu'ils subissent. Ils sont privés de leur liberté et en plus, ils n'ont pas accès aux soins dont ils ont besoin. Il y a un gros manque de personnel de la santé mentale dans les prisons françaises. Souvent, les rendez-vous sont très brefs et se limitent à la prescription de médicaments. Plusieurs détenus m'ont dit qu'ils voyaient le psy une fois par mois, 10/15 minutes. Le psychiatre demande "alors, le traitement, ça va ?" et c'est tout.

Pour l'ONG, il est clair que la France ne respecte pas le droit international. La plupart du temps, les prisonniers s'isolent, ne sortent plus de leur cellule, participent moins aux activités, et dans le pire des cas tentent de se suicider.

Ils souffrent derrière les barreaux, et tout le problème d'après l'ONG, c'est que le jour où ils sortiront de prison, leurs troubles psychiatriques auront empiré.

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