La cour d'appel de Paris a ordonné ce mercredi la remise en liberté du maire LR de Levallois-Perret, âgé de 71 ans et incarcéré depuis le 13 septembre. Les magistrats ont considéré que son état de santé était "difficilement compatible avec la détention".

Patrick Balkany lors de son procès en première instance pour fraude fiscale et blanchiment, en juin 2019
Patrick Balkany lors de son procès en première instance pour fraude fiscale et blanchiment, en juin 2019 © AFP / Eric Feferberg

Patrick Balkany a laissé la prison de la Santé derrière lui. La cour d'appel de Paris a ordonné ce mercredi 12 février la remise en liberté du maire de Levallois-Perret, 71 ans, en détention depuis 5 mois. L'édile a quitté la maison d'arrêt parisienne un peu avant 18h.

Une "dégradation manifeste" de son état de santé

Il aura fallu sept demandes de remise en liberté et de modification du contrôle judiciaire de Patrick Balkany. Si l'ancien baron des Hauts-de-Seine s'était jusqu'ici systématiquement heurté au refus des magistrats, une expertise médicale réalisée le 5 février a cette fois changé la donne. Le rapport en question alertait sur la "dégradation manifeste" de son état général, évoquant une grave pathologie digestive et un "état dépressif marqué" qui ne "paraît pas compatible avec une détention ordinaire". L'accusation ne s'était pas opposée à cette demande de remise en liberté.

Cette audience s'est tenue au dernier jour du procès en appel du couple pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, au cours duquel Isabelle Balkany avait déclaré que son mari avait perdu près de 30 kilos depuis son incarcération. "Il est incapable de tenir seul debout (...) Il est en danger", avait-elle ainsi martelé, le 4 février. L'avocat de Patrick Balkany, Me Romain Dieudonné, avait également décrit son client comme un homme ayant "déjà un genou à terre".

Ce qui l'attend désormais

Le maire de Levallois-Perret est désormais placé sous un contrôle judiciaire très allégé. Il doit résider au moulin de Giverny, pointer deux fois par mois à la gendarmerie, et a l'interdiction de quitter le territoire français. La cour d'appel a par ailleurs supprimé la caution de 500 000 euros, qu'il n'aura donc pas à payer.

C'est donc dans ces conditions qu'il attendra les décisions de justice le concernant. La cour d'appel se prononcera le 4 mars dans le volet fraude fiscale de l'affaire, dans lequel le parquet général a requis 4 ans de prison avec incarcération immédiate à l'encontre de Patrick Balkany, puis le 22 avril dans le volet blanchiment, dans lequel 4 ans de prison ferme et 10 ans d'inéligibilité ont été requis.

Les Balkany sont soupçonnés d'avoir dissimulé 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse à Saint-Martin, et Dar Guycy à Marrakech.

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