La police des polices relevait, avant l'été, une hausse de 54 % de l'utilisation de son arme de service par les policiers sur les premiers mois de l'année 2017. Une pratique qui s'explique par l'élargissement de la loi sur la légitime défense, adoptée en février 2017 à des fins de lutte contre le terrorisme.

Une loi de février 2017 a élargi les conditions de légitime défense dans lesquelles les policiers peuvent faire usage de leur arme à feu.
Une loi de février 2017 a élargi les conditions de légitime défense dans lesquelles les policiers peuvent faire usage de leur arme à feu. © Maxppp / Guillaume BONNEFONT

Le jeune policier qui avait tiré et tué un conducteur sans permis et en fuite mardi soir à Paris a donc été mis en examen jeudi soir et placé sous contrôle judiciaire après 48 h de garde à vue, tandis qu'une information judiciaire a été ouverte.

Si cela ne préjuge en rien de l'issue de cette procédure, cela montre à nouveau que les policiers de terrain n'ont jamais autant ouvert le feu en France, tendance confirmée récemment dans le dernier rapport (non définitif) de l'inspection générale de la police nationale (IGPN).

La patronne de l'IGPN, Marie-France Monéger-Guyomarc'h, l'avait révélé à l'occasion du dernier rapport de la police des police : les policiers ont ouvert le feu  près de 400 fois l'année dernière, soit une hausse très significative de plus de 54 % par rapport à l'année précédente.

Mêmes règles que pour les gendarmes

Selon Marie France Monéger, les tirs se sont concentrés principalement sur des voitures en fuite. Le code de sécurité intérieur ayant été modifié après les attentats de 2015, les policiers appliquent désormais les mêmes règles d'engagement que les gendarmes, en particulier sur les conducteurs qui refusent d'obtempérer ou qui foncent sur un barrage.

Mais cette hausse est à pondérer par le nombre de de gardiens de la paix déployés sur le terrain, un nombre monté en puissance depuis trois ans. Il y a donc logiquement plus de contrôles routiers en ville et donc plus de possibilité de tomber sur des conducteurs sans permis, ou des malfaiteurs, avec les risques de délit de fuite, de mise en danger de la vie d'autrui et donc d'ouverture du feu par les policiers. 

Selon les informations de France Inter, sur le nombre de tués ou blessés par des policiers l'année dernière, 41 % le sont après des refus d'obtempérer et des délits de fuite.

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