Dans les deux capitales du sud-ouest des cellules spéciales d'une dizaine d'enquêteurs ont été mises en place pour continuer d'enquêter sur les faits les plus graves et non résolus qui se sont produits en marge des manifestations des "gilets jaunes".

Boutique vandalisée le 9 février dernier à Bordeaux
Boutique vandalisée le 9 février dernier à Bordeaux © AFP / Mehdi FEDOUACH

Bordeaux et Toulouse. Ce sont les deux villes où proportionnellement il y a eu le plus de casse, le plus d'agressions contre les forces de l'ordre lors des manifestations de "gilets jaunes" depuis trois mois.

Au-delà des arrestations en flagrant délit, et face aux difficultés pour arrêter les vrais adeptes de la guérilla urbaine, deux cellules d'enquêtes spéciales ont été créés mi-décembre. Depuis la mi-janvier, elles ont déjà permis plus de 40 interpellations.  

À Bordeaux, ce sont 21 personnes qui ont été interpellées après enquête sur les 150 à 200 casseurs présents chaque samedi depuis 3 mois. 

À Toulouse, "on en a une vingtaine également de très durs" selon un proche du dossier, "ils se sont faits serrer à posteriori". Les huit derniers ont été interpellés la semaine dernière alors qu'ils fabriquaient des bombes artisanales avec tout l'attirail des produits chimiques nécessaire. 

"Le bureau des punis" 

Ce qui est inédit en Occitanie et pour la Nouvelle-Aquitaine, c'est le fait de mettre ensemble, dans un même bureau, des agents du renseignement territorial, des brigades anti-criminalité et des enquêteurs de la Sûreté départementale, rassemblés pour analyser des centaines d'heures de vidéos. Il faut y ajouter des profils en cybercriminalité qui ont pu infiltrer, selon nos informations, certains groupes d'activistes en gilet jaune. Au début, certains enquêteurs n'y croyaient pas vraiment, c'était un peu considéré comme le "bureau des punis" affirme l'un d'eux. Mais maintenant, selon l'un de leurs supérieurs, certains ne veulent plus en partir au vu des résultats qu'ils obtiennent. 

Les agents partent de séquences vidéo où l'on aperçoit des manifestants masqués au moment où ils attaquent. L'objectif est alors d'essayer de remonter en amont de leur arrivée sur place, ou de les repérer plus tard, même s'ils ont changé de vêtements. C'est exactement comme cela que plusieurs dizaines de manifestants qui s'étaient affrontés aux gendarmes et aux policiers à Paris début décembre se sont fait rattraper par la patrouille.  

Des militants très politisés

Les cellules d'enquêtes spéciales "gilets jaunes casseurs" ont démarré avec l'identification à Bordeaux d'un trio de lanceurs de pavés qui utilisaient une fronde géante. 

Pour l'un des chefs des investigations "on a tous les profils évoqués depuis les premiers samedis de violence : des 'gilets jaunes' de la première heure qui se sont 'radicalisés' et qui ont adopté tous les codes, y compris vestimentaires, des anarchistes, antifascistes et autres zadistes. On a identifié des profils, évidemment connus des services de renseignements intérieurs, surtout d'extrême gauche, des jeunes de 25 à 35 ans, originaires des départements concernés." 

Quatre ou cinq suspects sont désormais interpellés chaque semaine à Toulouse et Bordeaux. Et selon nos informations, à Bordeaux encore une vingtaine de personnes a été repérés, mais ils ne sont toujours pas identifiés formellement. "On en a nous aussi plusieurs dizaines" affirme un enquêteur haut-garonnais, "on distribue chaque samedi leurs portraits au cas où, car ce sont ceux qui ont cherché à fracasser des collègue et on ne les lâchera pas".     

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