Deux proches des frères Kouachi, étaient jugés cet après-midi par le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Prévenu arrivant à l'audience
Prévenu arrivant à l'audience © Radio France / Matthieu Boucheron

Deux hommes étaient jugés aujourd'hui devant la 16e chambre - spécialisée dans les affaires terroristes - du tribunal correctionnel de Paris. 7 et 10 ans de prison (la peine maximale encourue) ont été requis contre eux.

L'un, Fritz-Joly J., surnommé "la frite" est arrêté avec son fils de trois ans et une jeune femme dont il projetait de faire sa deuxième épouse une fois rejoints les rangs de l'état islamique. L'autre, Cheikhou D., avec femme et petite fille de 22 mois, est intercepté le 7 janvier 2015 à la frontière turco-syrienne. Le 7 janvier 2015, jour des attentats de Charlie Hebdo, perpétré par Saïd et Cherif Kouachi que les deux prévenus connaissent bien.

Devant les enquêteurs, les deux trentenaires, qui ont caché leur projet de départ à leurs familles, tentent, tant bien que mal, de démentir toute velléité de djihad expliquant aux enquêteurs qu'ils allaient en Turquie pour "la mosquée que tout le monde visite", les "pierres historiques", les "nombreux musées" de Gaziantep ou même la plage d'Ankara, pourtant très éloigné des côtes.

Drapeau islamique en fond d'écran

Mais, selon le parquet, certains signes ne trompent pas : le drapeau islamique en fond d'écran, les photos de décapitations sur disque dur. Même le fait de suivre sur Twitter le chercheur et spécialiste du djihadisme Romain Caillet devient un élément à charge.

Pas le seul heureusement. En réalité, c'est surtout le tissu relationnel des deux hommes qui interpelle : 368 contacts en 6 mois avec Cherif Kouachi pour l'un, des cours avec celui qui est alors le prédicateur des Buttes Chaumont, Farid Benyettou, pour l'autre. Et surtout un précédent séjour en Irak qui lui avait valu 7 ans de prison sur place.

Une ligne de défense éculée

Devant le tribunal correctionnel de Paris, les deux hommes ont utilisé les arguments les plus éculés pour justifier d’un départ en Syrie. Tout aussi peu convaincant l’un que l’autre. Dans le box des prévenus, Cheikhou D., qui s'exprime pour la première fois dans cette affaire, le but du voyage était bien touristique : la mosquée bleue d’Istanbul puis Gaziantep. “Tout le monde sait que la ville de Gaziantep, c’est la porte d’entrée vers la Syrie”, argumente le président. "J'avais une carte de tourisme, dessus il y avait marqué Gaziantep", rétorque le prévenu, qui conteste chaque point avancé par le tribunal.

Pour l’autre, parti avec son fils de trois ans sans prévenir sa femme, l’objectif reconnu est bien les terres de l’Etat islamique. Mais pour “aider la communauté syrienne : je voulais créer un foyer pour accueillir des orphelins”.

Et plus on creuse, plus l’argumentaire s’appauvrit … Les photos de décapitation sur son ordinateur ? “Des photos Facebook qui se sont enregistrées toutes seules” Les 368 contacts avec Cherif Kouachi ? “une relation de business de vêtements, j'étais un bon client …”

Le président poursuit : “Qu’est-ce qui nous dit que la finalité c'était l’humanitaire, et pas d’aller combattre en Syrie ? ”Parce ce que je ne suis pas méchant" … Et le jeune père de famille d’ajouter, dans un dernier effort assez pitoyable : “il y a bien des députés qui sont partis voir Bachar Al-Assad et que vous n’avez pas arrêté.”

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