Dominique Strauss-Kahn se présente à la barre pour l’énoncé de son CV : deux fois ministre, ancien directeur général du FMI qui « a sauvé la planète » (ce sont ses mots) pendant la crise financière.

Il tient à faire observer d’emblée qu’il n’avait pas une activité sexuelle « frénétique », comme semblent le penser les juges d’instruction, « c’était trois ou quatre soirées par an pendant trois ans ». La question clé, rappelle le président Bernard Lemaire, c’est de savoir s’il connaissait la qualité de prostituées de certaines participantes.

Il appelle à la barre Mounia, une grande brune longiligne, que les amis de DSK ont emmené de Lille à Paris. On est en 2010, dans le train il y a David Roquet, qui l’a recrutée comme « escort », Fabrice Paszkowski, le commissaire Jean-Christophe Lagarde. A l’hôtel Murano, ils retrouvent trois autres filles.

« Il était clair qu’on était là pour DSK » , raconte Mounia. Il y a un buffet. Quelques mots sont échangés. Une première fille monte dans la chambre avec DSK. Puis c’est au tour de Mounia. Elle est consentante pour une relation sexuelle, bien sûr, mais pas pour la suite. Elle n'a pas explicitement dit non.

« Je n’acceptais pas cette pratique, raconte-t-elle sans prononcer le mot sodomie. J’ai pleuré.

Il s’en est aperçu ? demande le président…

Oui fait Mounia, ce qui m’a marqué c’est son sourire ».

Un premier témoignage dévastateur. Mais ce matin, les avocats de la défense n’ont pas réussi à déstabiliser Mounia. Un seul élément en leur faveur : elle reconnaît qu’elle n’a jamais parlé de sa rémunération avec DSK.

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