La mosquée Djingareyber, construite au XIVe siècle à Tombouctou
La mosquée Djingareyber, construite au XIVe siècle à Tombouctou © corbis

Il est soupçonné d’avoir participé à la destruction de mausolées dans le nord du Mali. Un Touareg, qui dirige le groupe islamiste Ansar Dine, lié à al-Qaïda, a été remis ce samedi à la Cour pénale internationale, à La Haye. C’est une première.

Cet été, les images de la destruction de Palmyre, en Syrie, ont fait le tour du monde. Le groupe Etat islamique a pratiquement rasé cette cité antique, classée patrimoine mondial par l’Unesco. Mais en 2012, déjà, les islamistes s’en prenaient au patrimoine historique. C’était au Mali. A Tombouctou, la "cité des 333 Saints".

Ahmad Al Faqi Al Mahdi est soupçonné d’avoir participé à ces opérations et il devrait être jugé par la CPI (Cour pénale internationale). C’est la première fois qu’elle instruit un dossier de ce genre, sur la destruction d’édifices religieux et de monuments historiques. Il est accusé de "crimes graves", a déclaré le Procureur de la CPI, Fatou Bensouda. A savoir, avoir "dirigé intentionnellement des attaques contre dix bâtiments (neuf mausolées et une des trois plus importantes mosquées de la ville, Sidi Yahia) consacrés à la religion et des monuments historiques dans la vieille ville de Tombouctou".

Les précisions de David Baché.

Inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, "la cité des 333 saints" était restée d'avril 2012 à janvier 2013 sous le contrôle de groupes islamistes armés qui l'avaient défigurée. Ils considèrent la vénération des saints comme de "l'idolâtrie" et avaient par conséquent démoli, en juin 2012, plusieurs mausolées de la ville, dont celui de sa principale mosquée.

Reconstruction

L’intervention militaire internationale dans la région (menée par la France) a permis de faire reculer les djihadistes. Dès 2014, l’unesco a lancé un programme de reconstruction de la ville et de ses mausolées. Ce sont des maçons locaux qui s’en occupent, sous l’égide de l'imam de la grande mosquée de Djingareyber. Huit mausolées ont déjà été reconstruits et les huit autres le seront d’ici la fin de l’année.

Le projet de réhabilitation concerne également les manuscrits anciens de la ville, dont plus de 4.000 ont été perdus, brûlés ou volés, 10.000 sont restés sur place mais dans des conditions de stockage inadaptées, et quelque 370.000 ont été "exfiltrés" clandestinement vers Bamako en 2012 pour les sauver.

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