Eric Woerth
Eric Woerth © Dominique Lemarié

L’ancien ministre Eric Woerth a été un peu malmené au premier jour du deuxième procès Bettencourt. Le tribunal correctionnel de Bordeaux a tenté d’éclaircir pourquoi il était intervenu pour obtenir la légion d’honneur à Patrice de Maistre, promotion du 14 juillet 2007.

Eric Woerth reconnaît avoir fait la demande officielle pour la décoration de Patrice de Maistre, sur recommandation d’un tiers, que le tribunal n’arrive pas à bien à identifier. Malgré les investigations du juge Jean-Michel Gentil au sein de la grande chancellerie et des ministères. Le président Denis Roucou s’étonne d’ailleurs de la « pléthore » de personnes (-vingt au total) qui travaillent au « bureau des distinctions honorifiques » du ministère de l’Economie, « quand on voit la difficulté qu’ont d’autres services, comme les services judiciaires. »

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Eric Woerth a rencontré le gestionnaire de fortune lors d’un dîner du Premier cercle, l’association des grands donateurs de l’UMP. De Maistre soutient la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, mais assure qu’il ne connaît « pas particulièrement » Eric Woerth (sur les enregistrements du majordome, il en parle comme d’un « ami »).

Le président l’interroge : « La légion d’honneur est bien liée à la campagne électorale ? ». Pour l’ancien ministre, la campagne, « un moment fort », permet « d’identifier » des candidats, mais « si on a le profil on la légion si on n’a pas le profil on ne l’a pas. »

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Il assure qu’il n’ y a eu aucune contrepartie à son intervention. Le procureur vient à son secours : pour lui la question de la campagne électorale et d’un éventuel financement illicite (prescrit) n’a plus lieu d’être. Eric Woerth n’est pas poursuivi pour cela, « on n’est pas là pour faire un deuxième round » conclut le procureur.

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