Le policier poursuivi pour la mort de deux adolescents dans un accident de la route ayant entraîné plusieurs jours d'émeutes à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) en 2007 a été condamné vendredi à six mois de prison avec sursis.

Le parquet avait requis en juin la relaxe de Franck Viallet, sans jamais prononcer le terme. (voir ) Il encourait cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende pour homicides involontaires par conducteur d'un véhicule.

"Mon client est nécessairement déçu", a dit à Reuters son avocat, Me Frédéric Champagne qui n'a pas encore pris de décision sur un éventuel appel :

Le souvenir de cet accident était déjà douloureux pour Franck Viallet, cette condamnation ajoute à la douleur qui pouvait être la sienne.

Me Emmanuel Tordjman, avocat des parties civiles, a de son côté salué une décision "qui prend en compte les responsabilités des uns et des autres" :

C'est une grande victoire pour les familles qui se sont comportées très dignement tout au long de la procédure judiciaire.

un policier jugé pour les morts de villiers-le-bel
un policier jugé pour les morts de villiers-le-bel © reuters

Franck Viallet, qui conduisait le véhicule entré en collision avec la moto des deux jeunes gens, était soupçonné d'avoir commis des fautes ayant joué "un rôle direct, déterminant et essentiel dans la production du dommage".

Le décès des adolescents de 15 et 16 ans avait provoqué deux nuits d'échauffourées à Villiers-le-Bel et d'autres villes du Val-d'Oise. L'expertise a montré que Franck Viallet roulait à 59 km/h juste avant l'accident et à 64 km/h au moment du choc, soit au-delà de la vitesse maximale autorisée en ville.

Au moment de la collision, les policiers, en patrouille, se rendaient sur les lieux d'un vol. N'étant pas en mission urgente, ils n'avaient activé ni gyrophare ni avertisseur sonore. La moto n'était pas homologuée pour circuler sur les routes et ses passagers ne portaient pas de casque. Ils circulaient à vive allure, avec un système de freinage hors d'état, selon un expert.

Les quatre policiers présents à bord du véhicule lors de l'accident avaient d'abord bénéficié d'un non-lieu, les juges estimant qu'aucune faute ne leur était imputable. Mais à la suite d'un appel des parties civiles, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles avait décidé en septembre 2011 le renvoi du conducteur de la voiture devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

Le 7 juin dernier, le procureur avait en revanche demandé implicitement la relaxe pour le policier , insistant sur "la prise de risque, avait-il dit et le comportement aberrant sur la moto des deux jeunes gens".

Les précisions de Marine Chaillou

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