Assignée en justice par l'Observatoire international des prisons pour son insalubrité, l'administration pénitentiaire de Fresnes va devoir intensifier la dératisation de la prison.

De nombreux témoignages de détenus font état de lits infestés de punaises, d'odeurs pestilentielles de rats morts ou de cafards par centaines.
De nombreux témoignages de détenus font état de lits infestés de punaises, d'odeurs pestilentielles de rats morts ou de cafards par centaines. © AFP / PATRICK KOVARIK

L'État va devoir intensifier, notamment, ses efforts de dératisation dans la prison de Fresnes, d'après l'ordonnance du tribunal administratif de Melun (Val-de-Marne). Comme nous vous l'apprenions lundi, les juges avaient été saisis en urgence par l'OIP, l'Observatoire international des prisons, devant la prolifération de nuisibles au centre pénitentiaire de Fresnes.

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Bétonner des zones sableuses et reboucher les égoûts

Si le tribunal reconnaît dans l'ordonnance du juge des référés, Bernard Godbillon, que "la situation est en voie d'amélioration", toutes les actions "n'ont pas encore été engagées".

Le tribunal réclame plusieurs mesures : l'administration pénitentiaire devra "dans les meilleurs délais", intensifier "l'action de dératisation", mais aussi "bétonner des zones sableuses de l'établissement" ou encore "reboucher les égouts par lesquels les rats peuvent s'infiltrer" (...) et intensifier l'action de dératisation".

Lors de l'audience, mercredi, l'OIP avait exposé de nombreux et récents témoignages de détenus se plaignant, entre autres, de lits infestés de punaises, des odeurs pestilentielles de rats morts ou de la cohabitation en cellule avec des cafards par centaines.

Des détenus atteints de leptospirose, une maladie transmise par les rats

L'administration pénitentiaire avait fait de son côté valoir un plan d'action mis en oeuvre depuis février, après que deux détenus eurent contracté la leptospirose, une maladie potentiellement mortelle transmise par les rats.

Les problèmes d'insalubrité ont été signalés depuis plusieurs mois à Fresnes, où sont incarcérés 2.800 détenus pour 1.607 places théoriques et où le taux de surpopulation dépasse les 200 % dans la maison d'arrêt pour hommes.

Fin 2012, le Conseil d'État, déjà saisi par l'OIP, avait ordonné la dératisation et la désinsectisation sous dix jours de la prison des Baumettes à Marseille.

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