En prison, le déconfinement rime avec reprise des parloirs et du travail pour certains détenus. Mais surtout, les 13 500 détenus de moins en lien avec la crise sanitaire - a fait beaucoup de bien dans les prisons... à condition que ça dure.

Après plusieurs semaines de confinement pour cause de coronavirus, la prison de Fleury-Mérogis aussi retrouve un fonctionnement à peu près normal.
Après plusieurs semaines de confinement pour cause de coronavirus, la prison de Fleury-Mérogis aussi retrouve un fonctionnement à peu près normal. © Radio France / Charlotte Piret

Au cœur du plus gros centre pénitentiaire d'Europe, les parloirs pour les familles et le travail dans les ateliers de la prison ont repris, progressivement, avec distanciation sociale, masques et désinfection de rigueur dans le respect des règles sanitaires. 

Mais ce que tous remarquent surtout ce sont les 1 200 détenus de moins, une baisse de la population carcérale de 32%. "C'est un véritable soulagement", explique Nadine Picquet, directrice de l'établissement qui a accueilli 600 nouveaux détenus depuis le début du confinement, contre 1 800 sur la même période l'année dernière. "C'est la première fois que Fleury vit avec un effectif de 2 667 détenus. Ça n'est jamais arrivé alors même que la rénovation de l'établissement prévoyait un encellulement individuel. Ça facilite l'individualisation de la peine, la prise en charge des personnes détenus et permet de travailler dans de meilleures conditions."

Les parloirs pour les familles et le  travail dans les ateliers de la prison, ont repris progressivement avec distanciation sociale, masques et désinfection de rigueur
Les parloirs pour les familles et le travail dans les ateliers de la prison, ont repris progressivement avec distanciation sociale, masques et désinfection de rigueur © Radio France / Charlotte Piret

"Ça repart en flèche"

Ces meilleures conditions ce sont moins de tensions en prison, moins d'agressions de surveillants. Et le sentiment, enfin, de pouvoir faire son travail correctement. "Il y a des effectifs, à Villepinte ou à Nanterre qu'on n'a pas connu depuis plus de 20 ans." explique Erwan Saoudi, délégué régional Force ouvrière, "mais ce que nous commençons déjà à voir c'est que les mises à l'écrou et les nouveaux arrivants repartent en flèche. Et nous on n'a pas la force de se reprendre la deuxième vague, non pas du Covid, mais des mises à l'écrou. C'est la crainte que tous mes collègues ont sur tous les établissements."

D'ailleurs, au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, le nombre de nouveaux arrivants est déjà passé de 5 à 17 ces quinze derniers jours.  Ce qui fait dire à Yaël Braun-Pivet, députée LREM et présidente de la commission des lois, en visite dans l'établissement, qu'il faut agir maintenant. "Un établissement pénitentiaire qui est dans sa capacité normale c'est un établissement où on peut faire du travail utile sur les détenus : sur leur réinsertion, leurs addictions, leur formation et donc de faire de la prison un temps utile. C'est ça l'objectif. Tout le monde est conscient de l'urgence à agir. Il ne faut pas laisser laisser les établissements pénitentiaires se remplir au fil de l'eau."  

Mais d'ici là, la prochaine étape du déconfinement à Fleury-Merogis, ce sont des parloirs à deux visiteurs. Presque un retour à la normale.                       

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