Jean-Pierre Meyers et son épouse Françoise Bettencourt, en 2013
Jean-Pierre Meyers et son épouse Françoise Bettencourt, en 2013 © Reuters / Charles Platiau

Au procès en appel de Liliane Bettencourt, la parole est aux parties civiles. Les avocats de la milliardaire, de sa fille Françoise et de ses petits-fils plaident aujourd’hui et demain. Avec dans la balance des millions d’euros de dommages et intérêts.

Pour les parties civiles, le jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux, l’année dernière, était une victoire sur toute la ligne. Le plus lourdement condamné, François-Marie Banier, écopait de 2 ans et demi de prison ferme et de 350.000 euros d’amende. Ainsi que de 158 millions de dommages et intérêts à rembourser à Liliane Bettencourt, aujourd’hui placée sous tutelle. D’après ce jugement, Martin d’Orgeval doit rembourser 2,3 millions d’euros à la milliardaire, et l’avocat Pascal Wilhelm, près de 3 millions. D’autres ont renoncé à faire appel et préféré transiger avec la famille Bettencourt : ainsi Patrice de Maistre, condamné par le tribunal à payer 12 millions d’euros, a « topé » pour 5 millions.

Au-delà de la condamnation pénale, l’enjeu est donc énorme pour François-Marie Banier. Depuis le début de la procédure, ses avocats plaident que les sommes demandées par les parties civiles sont illégitimes. Car en 2010, le photographe, Liliane Bettencourt, et sa fille Françoise avaient signé un accord, pour mettre un terme à la guerre familiale. Banier avait notamment renoncé à figurer sur le testament de Liliane Bettencourt, et à une assurance-vie de 260 millions d’euros. En échange, toutes les procédures judicaires étaient abandonnées. Le conflit est ensuite reparti, et les juges bordelais ont renvoyé tout le monde au tribunal. Mais pour Me Laurent Merlet , avocat du photographe, le protocole entre les parties tient toujours.

Un accord est un accord, ce protocole est valable, il n’a pas été contesté par la famille Meyers. Nous considérons qu’il doit s’appliquer. Il est dit dans ce protocole que les donations consenties à François-Marie Banier ne seront pas révoquées. A partir de là, on ne peut pas demander des dommages et intérêts correspondant aux donations ! C’est clair comme de l’eau de roche en droit.

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Du côté des parties civiles, on ne partage évidemment pas cette analyse. Benoît Ducos-Ader est l’avocat de Liliane Bettencourt, aujourd’hui placée sous tutelle. C’est en son nom qu’il réclame des réparations, pour le préjudice d’abus de faiblesse.

__ Nous allons demander les mêmes sommes que celles accordées en première instance. Quand on voit le montant des honoraires des uns, le montant des cadeaux… Monsieur Banier a quand même « récupéré » auprès de Mme Bettencourt une somme qui doit friser un milliard d’euros, sur une vingtaine d’années. Donc même s’il en rend un peu, je ne vais pas le plaindre.

Difficile de prédire quelle sera la lecture de la cour d’appel. Mais au vu de la tournure des débats, les arguments purement juridiques de la défense ont cette fois-ci sans doute plus de chances d’être entendus.

Le procès se poursuit jusqu’au 25 mai.

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