François-Marie Banier en mai 2016
François-Marie Banier en mai 2016 © Radio France / Corinne Audouin

Le procès en appel du volet abus de faiblesse de l’affaire Bettencourt s’est ouvert à Bordeaux. Quatre prévenus ont fait appel, dont le photographe François-Marie Banier. Les avocats de la défense ont demandé avec insistance que la fille de la milliardaire, Françoise Bettencourt Meyers, vienne répondre à leurs questions.

En costume taupe élégant, les cheveux coupés très courts, François-Marie Banier traverse d’un pas lent la salle des pas perdus. Le visage fermé, il reste stoïque sous les flashs des photographes qui le mitraillent, loin du large sourire qu’il affichait ici même, il y a un an et demi. Sans doute sa condamnation à 2 ans et demi de prison en première instance et à 158 millions d’euros de dommages et intérêts, pour avoir abusé de la vulnérabilité de Liliane Bettencourt, l’incite-t-il à plus de discrétion.

► ► ► Comprendre l'affaire Bettencourt en trois minutes

► ► ►SUIVEZ LE PROCÈS EN DIRECT

La cour n’entendra pas la vedette de ce procès en appel avant demain. Mais la bataille d’avocats a d’ores et déjà commencé autour de cette question centrale : Françoise Bettencourt Meyers, la fille de la milliardaire, viendra-t-elle ?

La défense de François-Marie Banier, dont Me Cornut-Gentile, le demande avec insistance.

On a condamné mon client pour avoir détruit l’entente familiale. Nous devons pouvoir l’interroger.

Mais la fille de Liliane Bettencourt, qui a snobé il y a 15 jours une convocation du juge parisien dans l’enquête sur les soupçons de faux témoignages, n’a pas l’intention de venir à Bordeaux. "Elle n’est pas désireuse de se présenter devant votre cour", euphémise son avocat, Jean Veil. Et en tant que partie civile, rien ne l’y oblige : la cour d’appel ne l’y contraindra donc pas. "Elle ne vient pas pour ne pas répondre à des questions gênantes !" s’agace Eric Dupond-Moretti, venu renforcer la défense d’un autre prévenu, Pascal Wilhelm.

Privée de Françoise Bettencourt Meyers, dont la présence hiératique avait marqué le premier procès, la défense n’a pourtant pas tout perdu. Son mari, Jean-Pierre Meyers, a accepté de venir à la barre, tout en dénonçant dans sa lettre à la cour une "manœuvre destinée à mettre en cause publiquement notre famille". À la demande de François-Marie Banier, Jean-Pierre Meyers, que sa belle-mère Liliane Bettencourt surnommait aimablement "le chapon", sera donc entendu par la cour d’appel jeudi 19 mai dans l’après-midi. La confrontation s’annonce savoureuse.

Le procès se poursuit jusqu’au 25 mai.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.